Accueil
Poésie libre / L'incendie
Poésie libre / L'incendie
Poésie libre / L'incendie

L'incendie
par Chrishautrhin


L’INCENDIE De l’ambassade d’Autriche à Paris Dimanche, 1er juillet 1810 Dans les grands jardins de l’ambassade d’Autriche, Tout ce qui compte ici, en cette nuit s’affiche Au bras d’une grandeur, d’un duc, d’un général. Le prince de Schwartzenberg offre aujourd’hui ce bal. De beaux rideaux de soie, de blanches mousseline, Accueillent les invités, jaillissant de berlines Opulentes qui noient dans la foule bigarrée Ceux qui arrivent là, et qui restent hébétés De dorures, de peintures, de superbes écrins ! Sur les murs sont fixées des glaces de St-Gobin Posées en demi-lustres, en appliques éclatantes ! La lumière se répète à l’infini, puissante ! Cette lumière éclaire la salle de réception ; Soixante-treize lustres, suspendus au plafond, Sont saturés chacun de quarante bougies ! Si ce n’est pas le jour, cela n’est plus la nuit ! De très fines étoffes, disposées en guirlandes, Émerveillent en « Oh ! » la noble sarabande. Au centre de la salle, montés sur une estrade Des trônes en velours sont prêts pour la parade, Commandant les banquettes disposées près des murs. La ronde des danseurs aura bien fière allure ! L’Empereur est heureux, parlant avec chacun, Souriant aux danseuses et aux beaux musiciens, Quand, sans témoin, soudain, une bougie céda Et que la draperie aussitôt s’enflamma ! Puis, en quelques secondes, une trombe de feu, Dans un bruit de tonnerre, embrase tous les yeux ! On s’affole et l’on court ; on marche sur les robes, Effrayé, apeuré ; quelle effroyable aube ! C’est un encombrement de personnes renversées, Dont les coiffures ne sont que lambeaux enflammés Sur épaules cramoisies et des cous déjà noirs ! Tout masque les entrées et obstrue les couloirs. Tous s’accrochent et trébuchent, et enfin tous s’effondrent ; Tous appellent au secours, et personne pour répondre ! Dans cette bousculade, certains sont piétinés ; L’Empereur, chef de guerre, emmène cette armée Dont la chevelure tombe, les toilettes s’affalent, Quand le parquet recule, et que le sol avale Tel un ogre affamé ! Ces cris abominables ! La mort qui vient, rapide, est un luxe appréciable ! Les habits en désordre et la tête échauffée, Napoléon regarde le grand feu dévorer La belle-sœur du grand prince, femme au rare courage, Et il pense à Louis XVI et au sombre présage…



Poème posté le 26/10/20 par Chrishautrhin


 Poète
Chrishautrhin



Sa carte de visite Cliquez ici pour accéder à la carte de visite de l'artiste (Sa présentation et l'ensemble des ses créations)





.