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Poésie libre / La fille du vigneron
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La fille du vigneron
par Chrishautrhin


Dans une ville de province, tel un cloître sombre, Où les murs sont des ruines que les rues encombrent, Et les forêts éclaircies, des parcs arborés, Vivaient quelques humains aux bonheurs timorés. Chacun regrettait une jeunesse en haillons, Parti on ne sait où, loin de ce moussaillon Qui promettait tantôt un avenir, tantôt un passé ; Maintenant, tout cela était débarrassé. Dans des salles basses, aussi basses que les songes, Grouillaient des vérités, frères du mensonge, Qui ornaient les murs caressés par la pluie ; Tous le savaient : il gèlera cette nuit. Alors les langues se déliaient lentement, Comme les braises d’un feu à l’approche du vent, Comme des vignerons, face aux tonneliers ; Le liquide est bon, il faut le faire couler. On parle de ce père, pleure-misère, avare, Qui n’aime que son argent et ses hectares, Et dont la fille est belle à en sangloter ; Elle est magnifique comme un banquier ! Chacun espère son fils, en clé de cette famille ; Ils en parlent et les mères ont les yeux qui brillent ; Les commentaires achètent déjà la ménagère ; Il n’y a qu’un ennui : et l’ennui c’est le père ! Chacun s’assied devant sa porte et attend Le passage de la blonde et de ses vingt ans, Puis du vieux monsieur qui s’essouffle derrière ; Cette fille n’est pas l’amour : c’est une carrière ! On bombe le torse, on parle bien fort. Les muscles saillants sous le bel effort, Les dents sont rares mais en bonne santé ; Les têtes s’échauffent, ébouillantées Par les idées et par le décompte. Elle est du métal qui vous propulse comte ! Puis un jour arrive de la capitale Un cousin éloigné de la belle vestale, Et dans l’embrasure des maisons jalouses On maudit le revenant de la future épouse ! On la trouve moins belle, petite intrigante ; Pour un peu, elle parait déjà arrogante Quand elle s’attache au bras du mauvais cousin ! Ils lui trouvent, pour sûr, un regard d’argousin Devant des cambrioleurs avant leurs forfaits ; Le crime, ils en ont eu l’idée, mais ne l’ont pas fait !



Poème posté le 02/11/20 par Chrishautrhin


 Poète
Chrishautrhin



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