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Poésie libre / Mieux vaut finir
              
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Poésie libre / Mieux vaut finir

Mieux vaut finir
par Nojo


Mieux vaut finir. Se dire finir. Malgré amour jamais si fort se dire finir. De ce qui ne sert qu'à faire souffrir. De plus en plus l'un sans l'autre. L'un, l'autre, là bien sûr mais sans l'un et l'autre. Etre seul sans l'autre. A combattre seul. A vivre seul. Dissociés l'un de l'autre. Qu'un amour malgré tout, malgré l'un, malgré l'autre. Mal gré. Qu'un amour. Qu'un amour l'un de l'autre. Qu'un amour l'un de l'autre dissocié. Ne savent plus conjugués. Ni dire. Aimer ne peut suffire. Le verbe ne peut suffire. Manque de s'adjoindre le mot, le complément d'objet. Manque ce qui manque. Non pas la tendresse. Le complément de vie. Le mot plus haut que l'autre. Le murmure aussi. Manque la vague qui dit la vie. La houle. Successions de vagues qui disent, jusqu'au mourir disent. Mieux vaut finir disent. De hauts et de bas qui arrivent sur le sable. Se dire finir. De ce grain sur la peau qui ne se dit plus sous le doigt. Caresses finir. Amour finir. L'un de l'autre. L'un dans l'autre.L'autre de l'un. L'un complément de l'autre. Sans objet. Sans autre pensée que celle qui se fixe. Fixement ancrée. Amour. De tout l'être et de l'extrême. Du bout de soi. De l'intérieur de soi. L'un pour l'autre. Toujours liés et pourtant scindés l'un de l'autre. D'une déchirure. D'une blessure. Se dire amour encore mieux vaut finir. Au soleil finir. Avec l'âge, au soleil finir. Comme ceux qui se retirent vers des rivages ensoleillés. Azur sans ciel. Sans nuage. Soleil sans l'essentiel. Silence des aiguilles de pins. se dire l'essentiel amour sans ciel ni nuage finir. Sans mot. Se laissant sans mot. L'un et l'autre. L'un et l'autre muet de l'autre et l'un. De l'urgence de ne rien dire. Silence même du regard. S'absoudre des yeux de l'autre. De ce plongeon à l'intérieur des larmes. Des éclaboussures sur la joue. Pluies. Pleurs dans le coeur. Se disent adieu d'un mieux vaut finir. Ne se disent rien de ce qu'il faudrait dire. Ne savent plus, muets qu'ils sont l'un de l'autre. Lourd silence pesant. Pesant silence lourd sur les épaules abaissées. Presque mots et silences déchirants. Ne se disent plus que ce qui sépare. Ou se taisent. Pire que dire, se taisent. Se fuient des mots à ne pas dire. Se blessent de ceux qui débordent. L'un de l'autre. L'autre de l'un. Se complètent d'une commune déchirure. D'un même amour déchu. Se disent amour encore. Ne veulent se dire autre chose. Ne peuvent. Ne savent se dire autre chose. Amour. Amour. Mieux vaut finir. Se dire mieux vaut finir. Avant que le sable ne vienne. Avant le sable et la plage déserte. L'inévitable de la mer qui s'échoue. Du vent qui veut se perdre au loin de la brume qui empêche. Se pose là. Presque à portée de mains, d'yeux. Il n'y a plus d'horizon. Il n'y a plus rien. Mieux dire finir. De l'incommensurable amour se dire finir. Mieux vaut.



Poème posté le 16/11/20 par Nojo


 Poète
Nojo



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