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Poésie libre / Sirène ironique
              
Poésie libre / Sirène ironique
         
Poésie libre / Sirène ironique

Sirène ironique
par Salus


Qu'il était blanc l'Azur imperturbable ; Quel froid tombeau qui tout ombrait Supposait alors l’innommable ? Que déjà grand, le gouffre où l'on sombrait... L'espace étroit laissé franc par le songe, Cette moire orde des étangs Léthéens dont le miroir ronge, Ce vieux sépulcre où stagne un peu de temps, Quelque portion de lumière, incongrue, L'entre-aperçu précipité De la réalité ventrue Nous est échue, au lieu d'éternité ! Tant d'eau coulait sous les jeunes étraves ; Espar d’espoir, dans le dur air, Le mat dressait ses voiles graves ; L'ample Océan devait toujours durer. Or l'horizon si proche, abrupt, avale, Du bref présent, tout l'âpre espoir, Malgré la toile qu'on affale Devant l'envers, qu'on devine si noir. Et tiraillé par l'atroce dérive - Aujourd'hui gâché par demain, Force exemples qu'on la décrive, Tout glisse ! et l'art est une arme de nain ! Quand le hasard, seul des dieux auquel boire, Ferait sortir le sens du ciel Ou la vérité de l'Histoire, Y croirait-on ? - L'or semble artificiel ! Sagesse fausse ! et coupable chimère, Astrolabes, sextants abscons, Prismes, pièges de la lumière, Incapables outils, toujours seconds, Pour deviner l'Azur imperturbable !

Sur l'original, "étangs léthéens" que l'on doit à Mallarmé, est en italiques.

Poème posté le 11/12/20 par Salus


 Poète
Salus



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