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Le dit du vent
par Banniange
Highslide JS
par Banniange

Gravure illustrant "The rime of the Ancient Mariner"de Samuel Coleridge. par Gustave DORE
Illustration proposée par Banniange

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Au jardin des allongés, un soir Où la bise jouait avec les fantômes Cachés au sommet des ifs tourmentés, Un souffle glacial Qui balayait la plaine blanchie D'un reflet lunaire Me confia cette histoire : « Au travers des brumes fatales, Dans une nuit de cristal, Balançant tel un éléphant Cheminant vers son enterrement, S'avançait fière, La nef prisonnière Des flots ombrageux, Croulants, vertigineux ». « Nous irons conquérir les mers, Nous franchirons les portes de l'enfer Et l'arche incandescent de l'univers, Malgré l'appel des sirènes, Malgré les crocs des murènes ». « Vains matelots, Que reste-t-il de vos échos ? » « Sur le pont empli de tumulte, Des cris voraces retentissaient, Des rêves de conquête se bousculaient Dans un tourbillon de lames. Mais le sable inexorablement coulait Savourant sa certaine victoire Et les flots déchaînés orchestraient L'inévitable désastre annoncé ». «Nous irons, impavides, explorer Les cratères sans fond de Neptune, Nous irons, avides, rouler Dans les anneaux enlacés de Saturne, L'univers à jamais Se prosternera à nos pieds ». « Vains matelots, Que reste-t-il de votre ego ? ». « Les mânes inquiètes de l'équipage Errent en suaire Sur le pont désolé, Couverte d'écume, L'amirauté en démence Se morfond dans son impuissance, La mort et la folie, Ces redoutables harpies, Ont joué aux dés: Le sort en est jeté. » « Nous n'irons plus jamais Embrasser l'humble rosée, Nous ne goûterons plus jamais Aux fruits limpides des vergers, Prisonniers des sirènes Et des crocs des murènes ». « Dans leurs yeux fiévreux Filaient les vents glorieux Des désirs et des empires Morts de leurs délires. Car on ne revient jamais De l'odyssée des vanités. A force de courir l'enfer Les marins oublièrent Qu'il logeait dans le filet De leur âme damnée ». Et la voix se tut emportée Par le silence des poussières Qui volaient dans les airs Comme les dépouilles tournoyantes Des fascinantes chimères.

A Coleridge et son incomparable "The rime of the ancient mariner"<br />
et un clin d'oeil à Claudel pour son superbement tragique "L'infâme vaisseau".


Poème posté le 21/07/17


 Poète
Banniange



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