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Poésie libre / Dcpls
              
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Dcpls
par Seheiah


Penché sur mon microscope, je suis fou. Je suis allé au bout de l'horizon, pour y plisser les yeux, et là encore l'infime réalité parvenait à m'échapper. J'ai bien tenté de l'encercler et de la cloisonner. Pareille à l'eau, elle fuite vers les verdoyants jardins avoisinants, Et toujours j'ignore l'odeur de la rosée matinale. Le corps au sol et les yeux au plafond, je suis triste. Je suis allé au bout de mes rêves, pour y ouvrir mon cœur, et là encore l'infime bonheur parvenait à m'échapper. Je l'ai cherché partout, j'ai enfoncé les portes et creusé les montagnes. Mais comme le feu, il ne révèle que ce qu'il a promit de réduire en cendre. Et toujours j'ignore l'odeur de l'e******* matinale. J'ai regardé en haut, vers l'infini, j'ai regardé en bas, vers l'abouti. Ce que je n'ai pu avoir je le suis devenu. Je me suis fait poète et savant, je me suis fait homme de foi et homme de loi. J'ai parlé de la science dans un romantisme qui s'étend par delà le rationnel. J'ai parlé de la vie dans un cynisme qui conclu bien avant les seuils de la beauté. Et rien de moi n'est devenu plus grand ou plus petit. Pourtant j'ai vu l'invisible, et j'ai parlé ce qui n'avait pas de nom. J'ai dessiné la réciproque et j'ai écris la proportion. Je me suis fait sa créature et son créateur. De toutes mes prétentions, aucune ne m'offre la valeur que je veux. Et je suis insatisfait. Et fou. Et malheureux. Car ce que je ne saurais nommer ce que je désire. Je ne saurais aimer ce que je désire. Je l'ai interrogé, je l'ai affirmé. Et je me suis noyé dans le mensonge. La nuit j'ai rêvé de ma promise, et du petit matin au grand jour je ne l'ai pas reconnue. Dans mon grand désespoir j'ai maudis la terre en invoquant le nom de mon malheur et de mon injustice. Pourquoi ce qui me prend ne me donne rien ? Pourquoi ce qui m'attire me fuit également ? Pourquoi le mal c'est pas bien ? Mon écho aurait résonné, l'obtus et l'aigu m'auraient répondus de la sorte. Et avant la première des vérités, et après le dernier des sarcasmes, j'ai trouvé le sourire.

L'odeur de la rosée matinale c'était l'odeur des dieux pour les grecs.
Cela dit, eux, la pelouse, ils l'utilisaient.


Poème posté le 11/04/21 par Seheiah



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