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Allégorie
par Salus


C’est un petit chemin qui passe la clairière Et s’enfonce en tournant dans le couvert du bois… Que cache cette orée, et qu’en est-il derrière ? Sous les arbres trop grands dévorés par le lierre, Sous les arbres très hauts dressés comme des doigts, Le sentier disparaît. Aux troubles profondeurs D’où sort un écho sourd de soupirs et de râles, Çà et là, la prairie offre d’étranges fleurs, Il a plu, tout dégoutte en d’humides odeurs ...On devine passer des formes sépulcrales. L’azur bas luit, laissant flotter de longs traits blancs ; Dans cet air translucide où nul oiseau ne chante, Où le feuillage tremble à peine aux vieux flux lents Exhalés, épuisés, par la bouche des vents, Le ciel suinte d’un trou chu de la nuit béante.. A la nature coite, or, tout semble factice ; Aucun contraste n’ombre, aucun souffle ne bruit ; Le fallacieux décor camoufle un précipice Où la fatalité tend ; entier le monde y glisse. C’est le vaste procès dont l’univers s’instruit.



Poème posté le 12/06/18


 Poète
Salus



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