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Le banquier
par Claudel


Il calcule les sous de ses fonds mutuels Pour apaiser l’ennui de sa vie monotone Puis achète au printemps les deniers virtuels Qui doreront les gains à revendre à l'automne. Telle une musique à son oreille, gaiement, Il avale sa soupe en sapant goulûment Ainsi la bourse veille à son or joliment. Il jauge ses comptes comme on ouvre un bréviaire Rempli de dollars ou de piastres économes ; Il prie Fortuna, sa déesse financière Pour qu’il tombe une pluie de fortune et d’aumônes. Comme un pinard rosé, un bon vin vieillissant, Il s'enivre de blé et d’argent reluisant Ainsi son trésor croit en magot fleurissant. À l’âge où le billet doux ne nous chérit plus, Le banquier, lui, y voit une porte d’entrée Pour son paradis des nantis et des élus ; La mort est venue et sa folie enterrée.

Tous droits réservés © Claude Lachapelle / août 2018

Poème posté le 22/08/18 par Claudel


 Poète
Claudel



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