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Poésie libre / Sarabande
              
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Sarabande
par Uncynique


"Grand astre, que serait ton bonheur Si tu n'avais pas ceux que tu éclaires?" Mes paumes écarlates, je désespère; Mes phalanges brisées, je cherche mon sauveur. Cela fait bien cinq-cent ans qu'il n'y eut de sage, Raison de plus pour tourner la page Et se donner raison, sans jouer les prophètes. Je cherche le bonheur chez les ascètes Mais la partition de ma vie baigne dans l'âtre d'une cheminée Noire de houille, colorée par l'ouvrage enluminé, Face à un homme illuminé Étendu et prêt à s'éteindre, Mon âme faiblit et je ne cesse de geindre. Pourquoi la foudre me frappe-t-elle ainsi ? N'en avais-je pas assez d'un fardeau Pour que d'une autre rose je me sois épris ? Quel est ce moment de ma vie où j'ai tourné au gris, Dès lequel je n'eus plus rien à dire et cessai de me plaindre ? Je suis un condamné en sursis Depuis que le fleuve est retourné en son lit. J'ai peur de mon ombre, Au tambour du destin je suis sourd, Car toutes choses suivent leur cours. Mes vers ont toujours une mélodie sombre, Triste sarabande qui agite mes membres las, Quand la peine s'en vient d'ici de là. Prisonnier des vents d'automne et de la tempête, Encore et toujours je répète : "Que cela s'arrête !" Je dois avant tout devenir moi-même Et trouver non un sens mais une direction à ma vie. Le filet astral guide mes larmes, je vois le dilemme, Jouer ou être joué, je ne sais de quoi j'ai envie. Les champs en matinée me sont comme un café sucré, Vivifiants, comme une mousse sur l'horizon étalée. Les chaînes s'étirent, lasses d'attendre Que j'en vienne enfin a me pendre. Je suis confus quant à mon rôle, Je me trouve sans âme, sans obole, Rien qui ne soit à moi, moi qui ne soit rien. Je suis une illusion perdue, dans une cuve d'étain. Mystérieuse alchimie, vapeurs brûlantes, Je ne me sens pas à ma place, Je suis faux, je ne suis que de roche et de glace, Je suis au pied du mur, face à mes attentes. Je cherche mon âme sœur, non pas un reflet, Mais une image qui me comprenne J'en ai besoin, je suis seul, abandonné, J'ai besoin que quelqu'un me tienne. Je ne sais plus qui je suis, comment je m'appelle, Je crois m'être perdu sur les sentes impraticables Des forêts profondes d'un amour éternel, Pourtant rien ne dure, ni même ce qui m'accable. Mais finalement, peut-être est-ce tout l’attrait de la vie, Ne jamais être sûr de pouvoir poser pied, De n’être jamais certain de ce qu’il s’ensuivra après, Sûrement est-ce pour cela que de nous la Providence se rit.

J'ai utilisé une phrase du tout début de "Ainsi parlait Zarathoustra", qui m'a inspiré pour ce voyage-ci, car c'est bien ce qu'est tout poème : un voyage.

Poème posté le 07/12/21 par Uncynique


 Poète
Uncynique



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