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Eau douce
par Famineur


Le lac était nocturne et la rive lointaine, et ma présence ici ne pouvait qu’intriguer, entre la lune d’eau qui dérivait à peine et le songe diffus des saules fatigués. Une ondine soudain se sentit attouchée : ma paume était coupable et sa nuque complice. La réponse à son cri fut celle des rochers et le trouble des eaux témoigna du délice. Mais le jour aussitôt la rendit transparente et – quoiqu’elle fût ceinte – aussi lâche qu’un pleur ; et ce qui reste d’elle est une eau différente, un sillage sans cygne et un sang sans couleur.



Poème posté le 05/01/19 par Famineur


 Poète
Famineur



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