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Lorelei
par Famineur


Qui pose, à demi nue, allongée sur la grève, et comme revenue du naufrage d’un rêve ? Sa chevelure rousse la masque comme au bal. Ô que cela me pousse à l’imaginer pâle. Sans doute que sa peau naquit d’une caresse et qu’un avant-propos fit d’elle une déesse. J’ignore à quelle envie son silence renvoie. Sera-t-elle ravie de connaître ma voix ? « Ô toi, que nul n’effleure, s’il est besoin d’un crime pour t’enivrer le cœur, j’en veux être victime. Si ta nuque y consent puis-je la mordiller, ou faut-il qu’aucun sang n’en sorte scintiller ? Et si ton sein frissonne puis-je l’aimer de près, ou faut-il que personne n’en tète le secret ? » N’ayant pas d’autre vœu que de la réveiller j’écarte ses cheveux, jusqu’à déshabiller son pudique portrait : sa bouche à peine éclose et ses yeux déjà prêts à s’ouvrir – et qui l’osent... Ce qui s’ouvre radieux et enfin me regarde, ce ne sont plus ses yeux... mais ceux de la Camarde ! ... qui pose, à demi nue, allongée sur la grève, et comme revenue du naufrage d’un rêve. À en croire le fleuve elle jouit de sang-froid, et si ses yeux m’émeuvent c’est que j’en suis la proie.



Poème posté le 10/01/19 par Famineur


 Poète
Famineur



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