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Poésie libre / En terre étrangère
              
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Poésie libre / En terre étrangère

En terre étrangère
par Banniange


Les fenêtres sont muettes Comme des masques sans visage, Les murs et les rues balayés Par les virevoltants du sommeil Qui sifflent en roulant dans la nuit, Au loin, les nuages s’étirent Comme des gants de caoutchouc, Couché sur le flanc droit, L’air étend sa fatigue sur les trottoirs lépreux Et des bruits de tôles lacérées Jettent le calme dans un puits de terreur, Fragiles, encombrés de ferrailles, De papiers souillés et de canettes baveuses, Les ponts tremblent comme des araignées d’eau Puis se figent Et les yeux morts d’un homme, Là, au bord d'une berge Se fixent sur un cadran gris Où des aiguilles, les bras en croix, Circulent dans un espace Interminable et inutile.



Poème posté le 05/05/22 par Banniange


 Poète
Banniange



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