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Chomage
par Dali


Ceux qui partent travailler, ceux qui reviennent, ceux qui attendent, ceux qui espèrent. Ciel clair. Il a mit son plus beau costume, le moins usé, le plus à sa taille. Encore un entretien, où les vaisseaux de son cœur enflammé, éclatent et tiraillent. Le tissu ne retient pas ; le doute, la peur, l'angoisse, l'humiliation. Tout te broie. Ciel clair. Tu as mis ton plus beau costume de noce, mais elle ne te prends pas. Ceux qui partent travailler, ceux qui reviennent, ceux qui attendent, ceux qui espèrent. Elle est vieille et usée. Bonne à rien prête à tout. Personne ne veut d'elle. La jeunesse comme un troupeau excité de sang, la piétine et s’entremêle. Ses souvenirs sont des billets doux, ses rides des impacts, le chômage le dernier coup. A terre, que reste t-il de tes fonctions vitales, quand la roue tourne sans le sou. Ceux qui partent travailler, ceux qui reviennent, ceux qui attendent, ceux qui espèrent. Il est jeune et plein de promesses. On lui a vanté tant de fois. Discrimination me voilà. Ta couleur de peau est un matricule, sur lequel il est écrit essaye encore, et qui ne s'efface pas. Sur le pas de la rue fais l’aumône, à ces géants d'entreprise qui ne te regardent pas. Ne t'impatiente pas. Compte. Attends que le monde change, ou vole en éclats. Ceux qui partent travailler, ceux qui reviennent, ceux qui attendent, ceux qui espèrent, ont en commun de se lever pour toi.



Poème posté le 05/03/20 par Dali



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