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Le beau pays
par Fregat


Le beau pays de ma petite enfance S’étend au flanc jade des Pyrénées, Il fut mon berceau et ma grande chance, Façonnant mon cœur de fils d’étranger. Il a pour ami changeant l’océan Avec l’Adour pour naturels confins, Frangé de falaises aux galets blancs, De criques, de plages au sable fin. Lorsque, aux heures âpres de l’hiver, Mugissent rageux ses vents outranciers Les macareux moines de haute mer Briguent aux sternes l’abri des rochers. L’été, séchant ses pieds de marnes bleues, Il s’en va, sifflant son refrain disert Aux sommets coiffés de versants herbeux, Où les moutons tachent de blanc le vert. Un art de vivre hante les villages Où sèche parfois le piment sur rail, Brillant au soleil sur les colombages, Drapant les murs blancs de rouges chandails. C’est un territoire aux racines saines, Fier s’il en est de son identité, D’une langue à la mystérieuse haleine, En d’autres temps, que la France brimait. J’en appris de tout petits rudiments Tandis que frappant la balle à main nue Au vieux fronton, parmi les hurlements, Torta* !Koño* ! épiçaient mon vécu. A l’église cet Euskara* résonne, Aux déjeuners il est aussi de charme Lorsque les convives ensemble l’entonnent, Il sait d’un frisson arracher des larmes. A demi basque sans y être né, Voilà pourquoi de lui je me sens proche, Quand, vêtu de rouge et blanc en juillet, Pourquoi est de l’or au fond de ma poche. * Torta = coup ou passe maladroite * Koño = mince, zut * Euskara = langue basque https://youtu.be/HvJxSnYWdp0



Poème posté le 26/04/20 par Fregat


 Poète
Fregat



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