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Thème du mois / Tous les thèmes / LIBERTE / Portrait de Dorian

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Portrait de Dorian
par Jim


Combien je vous connais ! Je vous ai fréquenté, J'ai signé ce contrat d'allégeance afin, pour vous, Par votre annonce alors ayant été tenté, Pour une belle mission, déclarer : « je me dévoue ! » De consacrer mes jours et mes heures en nombre, Car croyant que cela me tirerait de l'ombre, Afin de mériter que vous me donnassiez Le divertissement et le pain quotidien. J'ignorais que la planche est bien bonne à scier Quand il faut la planter dans le regard des dieux ! Il faut choisir d'être le loup ou bien le chien. Votre contentement, je l'ai vu dans vos yeux Tellement satisfait de ce rôle occupé, Qui tant réclama l'art de savoir naviguer, De trouver l'allié à quitter quand il faut, Que le faux vaut le vrai, que le vrai vaut le faux, Et le change donner d'un savoir qu'on n'a pas, Respectant la méthode à marcher pas à pas, Qui permet à un nul de gagner un empire, Diriger un service ou conduire un navire ! Regardez ce portrait accroché sur le mur ! Écoutons-le, pour vous, il marmonne, il murmure : « Je suis ce capitaine et je sais où je vais, A commander, de tous, ne suis le plus mauvais, Je suis glorifié par les pompons du jour, Ce qui me vaut de quelques dames bien d'amour ; Je suis exactement ce qu'on a fait de moi, Un p'tit robot fiérot qui ne souffre d'émoi ; La banque qui m'emploie duement me récompense, Et dans les clubs, je sais les pas qu'il faut qu'on danse. Je n'ai aucun génie, mais suis bien agité : Il est quelques process sous lesquels s'abriter... Et si l'on ne m'entend, par faute de raison, Absence de hauteur pour scruter l'horizon, Je dégueule, je crie, enrage, hurle et m'énerve Que les fans qui me louent au clin d’œil ne me servent, Qu'autour de moi, les vermisseaux et les sans dents, Ne s'agencent selon mon bon vouloir d'enfant Capricieux, trépigneur, dont a été ratée, Bien que je fusse un avorton fort bien traité, De croissance une phase, uniquement cruciale, Qui nous fournit la clef pour mener vie sociale, Et permet de donner de nos actes réponses. Je suis jeune et branché, parfois, je me défonce... Tremblez ! devant ma grande colère, tremblez ! Qu'importe dans la rue, toutes vos assemblées, Car je vous sucrerai en fin d 'année vos primes ; Et sur vos vies s'étend ma prégnante déprime. » Girondins pantouflards, vous nommez Liberté Ce machin, autant vague et informe que sont Vos reins souples, ce fin scalpel bien affûté, Baguette pour scander la mauvaise chanson, Pour délier, pour délaisser, abandonner, Ce troupeau qui un jour sa fiance a donné, La proie aux dents des loups que vous avez dressés, Pour que l'un contre l'autre, agneaux doux soient jetés. J'ai vécu loin de vous, car vous me dégouttez ! Contre votre néant, comment s'arquebouter ? Même vos ambitions s'avèrent minuscules ; Vous êtes ces gamins qui soudain se bousculent Pour s'en aller chercher l'image méritée. De vos parents, la morgue avez seule hérité ! Parce que bien discipliné, bien sage, et pour Bonne conduite inscrit au tableau dit d'honneur, Applaudis chaque fois même l'auteur d'un four, Vingt ans après, vous voici courir, lévrier Vif, accomplis, rapide, après un vide leurre, Auquel se réduit votre image du bonheur, - En quelle cour gagneriez-vous genévrier ? - Pour triompher d'une médaille en chocolat ! Et tant me faites rire qu'en suis raplapla ! Vous rêvez, après ces alimentations, Obtenir dans les cieux la constellation, Vous entrerez garnis, sous le dôme éternel... Mais même le Nobel du serviteur fidèle Ne vous sera attribué. Vous resterez, Malgré tous les bienfaits que vous enterrerez, Ce codicille en le registre notarial, Bien que noté comme une gloire nationale, Que tient l'Histoire, rien, sinon ce point petit, Ce fruit déshydraté qui vécut tout flétri, Entre virgule et suspension. Et tout cela Ne serait que grossièreté et tralala, Serait sans importance, à y voir de plus près, Car de n'être qu'un sot, vous ne faites exprès, Si, dans l'étonnement benêt de vos yeux vides, Dans cette farce où vous jouez vos propres bides, Qu'on pourrait croire autant naïf et innocent, S'il n'était question de sueur et de sang, Que celui d'un triso, ne brûlait son contraire, Ce qui par chance, fait de lui votre faux-frère : Lui, au moins, pour l'humain, il n'offre aucun danger ! Et de vous permuter, il serait bon changer.



Poème posté le 11/08/20 par Jim


 Poète
Jim



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