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Coqratie
par Madykissine


Deux vieux coqs décatis, crête décolorée, Se toisaient vaillamment, fiers de leur renommée : Chacun d'eux était riche, avait poule et petits ("Petits" n'est pas le mot : tous étaient endurcis). Ils avaient, du talent, la fougue monétaire Et, dans tout le pays, on redoutait la guerre Que ces deux-là menaient sur leur tas respectif. La basse-cour amène observait les motifs, Comptait les coups portés, les ruses, les folies. Bref, on œuvrait beaucoup dans cette oisellerie Pour ce qu'on pût nommer la "coqratie" d'état (Car la voyoucratie valait moins que cela). Les deux gallinacés se battaient pour la gloire ; Ils tenaient chaque endroit de leur grand territoire Et menaçaient de mort les passants malchanceux : "Partez d'ici, manants ! Sommes ici tous deux Pour diriger le monde. Ainsi va le partage." Un zélé journaliste émit quelques messages. On le fit taire avec un coup de pied au c** Et des billets cachés dans une banque au sud. On n'imagine pas ce que les coqs séniles Paient pour faire voter les plumes dans les villes. . Sentiments ©M.KISSINE – ISBN 9782919390519 ... Modeste hommage à Jean de La Fontaine : Les deux Coqs ‎.‎ Deux Coqs vivaient en paix : une Poule survint, Et voilà la guerre allumée. Amour, tu perdis Troie ; et c'est de toi que vint Cette querelle envenimée, Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint. Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint : Le bruit s'en répandit par tout le voisinage. La gent qui porte crête au spectacle accourut. Plus d'une Hélène au beau plumage Fut le prix du vainqueur ; le vaincu disparut. Il alla se cacher au fond de sa retraite, Pleura sa gloire et ses amours, Ses amours qu'un rival tout fier de sa défaite Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours Cet objet rallumer sa haine et son courage. Il aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs, Et s'exerçant contre les vents S'armait d'une jalouse rage. Il n'en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits S'alla percher, et chanter sa victoire. Un Vautour entendit sa voix : Adieu les amours et la gloire. Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour. Enfin par un fatal retour Son rival autour de la Poule S'en revint faire le coquet : Je laisse à penser quel caquet, Car il eut des femmes en foule. La Fortune se plaît à faire de ces coups ; Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. Défions-nous du sort, et prenons garde à nous Après le gain d'une bataille.‎ ‎.‎ Jean de LA FONTAINE



Poème posté le 14/02/21 par Madykissine


 Poète
Madykissine



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