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Promenade dans le passé
par Marcek


Au Cayrel (La cave) Encadrée de pierre blanche, Cette petite porte amenait à la cave Fraîche et voûtée, Vêtue de toiles d’araignées En délicates dentelles. Un parfum de mystère et de vin Emanait des vieux tonneaux Tapis tout au fond, Enormes baleines ou monstres menaçants Dans nos imaginations enfantines Promptes à s’échauffer… Et quand nous avions eu notre ration d’épouvante, Vite, le cœur battant, nous ouvrions la porte Sur la cour éblouie de soleil, Sur la cascade bleu d’azur des ipomées Que remplaça, plus tard, une impériale glycine. Au Cayrel (La cuisine) Dans l'antique cuisine à l'évier de pierre A côté du fenestrou, Se tenait la grande cheminée Qui n'arrivait pas à faire oublier les courants d'air Froid derrière et chaud devant ! Mais, autour de la table Se réchauffaient les coeurs, et les estomacs! Mémé Elise était passée par là Enseignant à Tatie Suzon L'art de retenir les petits maris à la maison Les pigeons de Suzon volent encore dans ma mémoire Ses miques, cuites dans les délices d'un bouillon mijoté au toupi sur feu de bois (Qui n'a pas goûté la cuisine faite au feu de bois Ne sait rien des bonnes choses de la vie) Comblaient les appétits des affamés que nous étions, Galopeurs de papillons et acrobates sur meules de foin Courant de haut en bas du Cayrel, cousins, cousines enfin réunis Dans ce Cayrel bien-aimé où la liberté n'était pas un vain mot ! ..La citrouille du jardin, d'un coup de baguette magique Apparaissait dans nos assiettes sous la forme d'un velouté Si velouté qu'on avait l'impression D'avaler le petit Jésus en culottes de velours ! Bref, la poésie de la table retenait nos corps et nos esprits captifs La réplétion amenant, jusqu'à déborder de nos yeux, une sorte d'extase religieuse -Que Dieu me pardonne ce blasphème ! Les jours de fête, la salle-à manger ouvrait sa longue pièce en contrebas du couloir Aux larges tablées familiales où la gaieté était de mise. Quelques doigts de vin concédés à nos verres par les grands N'étaient pas pour rien dans l'euphorie qui nous possédait Depuis le bouillon de poule au pot agrémenté de tapioca En passant par les volailles rôties élevées maison, Les platées de cèpes cueillis dans les bois alentour Et les haricots du jardin, sage économie domestique Qui ne s'est jamais démentie au cours des années. Les choux à la crème de Tatie Henriette s'alignaient dans des cagettes Et certains se vantaient sans forfanterie de pouvoir en avaler quelques dizaines ! Mémé Elise avait préparé quelques tourtières prêtes à s'envoler Tant légère et arachnéenne était la pâte dorée étirée jusqu'à l'impossible ! Mais lorsque Suzon arrivait avec son fameux gâteau de châtaignes Dont l'épluchage avait occupé sa soirée, Gâteau moulé voluptueusement à la main et allongé sur un plat de porcelaine à filet d'or Bien glacé par de longues heures d'attente au froid Et que l'on nappait d'une crème au chocolat tout juste tiède Le silence se faisait sur ce moment qui nous laissait subodorer les joies lointaines du Paradis !

Près du château de Bonaguil, dans le Lot, souvenirs d’une enfance heureuse dans ma famille paternelle ...

Poème posté le 31/03/21 par Marcek


 Poète
Marcek



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