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El Pintor
par Deshaiessaintes


Banlieue pavillonnaire, A mille lieues du danger, Univers protégé, Et concentrationnaire. Je vous fiche mon billet, Pour Toto le héros, Le conformisme y est, Un tropisme hétéro. L’enfance semble une enclave, Un paradis lointain, Qui sacre en ses conclaves, Totoro et Tintin. Si, crâneur, sur mes murs, J’affiche « Sogni d’Oro »(1) Mon amour, d’un murmure, Nomme Danny Pintauro. Sa mèche qui se rebelle, Contre l’ordre des choses, M’incite, quand je lui cause A retenter ma belle. Singleton au bahut, Les horions redoutés. Démentent, dans le chahut, Mes regards aimantés, J’en pince pour des potos, Qu’en pincent pour Samantha, Mis au banc, à l’hosto : La vita è lotta, En mon for intérieur, Les ennemis font rage, Si l’arrière rêve d’ailleurs, Le front manque de courage. Il faut, feintant la masse, Cliver ses sentiments, Esquinté, à la masse, Je dénie et me mens. En ces temps, pas d’Insta, Ni de lignes privées, Moral en sale état, Mort avant l’arrivée. Dans la télé, foie jaune, A son poste enchristé, Je me blottis, alone : Une chochotte dorlotée. . Ah ces répliques qui tombent, Comme un jean bien coupé, Un polo trop sapé, Au poil, dans la seconde. Un héros de Saint-Ex : Je lévite comme pinté, Hoquète comme un télex, L'idiote scie d'un synthé. Dans ce monde connecté, Versé dans le méta, Un Métro humecté, Au voyage, m’invita. Ballotté, quel coaltar, Fuita, quine au loto, M’exaltant, sa photo : Tout est faux, rien n’est tard. Ses tourments furent les miens, Ses larmes furent les miennes : Norma Jean(2) le sut bien, Que le normé aliène. Parmi les businessmen Et les célibattantes, Fut, sous la flotte battante, Un étrange phénomène. Dans le Connecticut, De convoler, j’eus l’heur, Scénariste, à mes heures, Je jouis du final cut.(3)

Je dois contextualiser le poème pour qu'il soit compréhensible. A la fin des années sévissait la sitcom (crypto queer avant l'heure dans son inversion des rôles traditionnels?) Madame est servie où, dans le Connecticut, un homme de ménage était au service d'une femme riche. Chacun avait un enfant. La fille Samantha, jouée par Alyssa Milano et le garçon Jonathan joué, par Danny Pintauro. Alors que mon adolescence était tourmentée, la sienne semblait lisse, pleine d'une coolitude sereine à la Disney.J 'avais oublié cette série, qui me fut un refuge, lorsque j'appris, incidemment que l'acteur Danny Pintauro était un gay revendiqué et séropositif. Je mélange alors volontairement fiction et réalité.
El pintor signifie le peintre en espagnol.
(1) de Nanni Moretti
'2) Norma Jean Baker, Marylin Monroe
(3) Le montage finale, dont ne bénéficie à Hollywood que les réalisateurs prestigieux.


Poème posté le 15/04/24 par Deshaiessaintes


 Poète
Deshaiessaintes



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