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Le Jasmin et les Poètes
par Nader Haddad


Au crépuscule doux, près des ruines antiques, Carthaginois parla, le cœur plein de mystiques, À côté de Hugo, sous un jasmin en fleur, Ils questionnaient la plante sur l’amour et l’heur. Carthaginois : Ô jasmin, parfum pur, éclat de nos contrées, Parle-nous de l’amour, dans tes veines dorées, Comment ressens-tu l’aube et la caresse du vent, Lorsque l’amour se meurt, et renaît cependant? Jasmin : Je vis d’eau et de lumière, simple existence, L’amour est une rosée, chaque jour recommence. Mes pétales s’ouvrent aux baisers de l’aurore, Même flétris le soir, demain renaît encore. Hugo : Sage fleur, dans Paris ou la brise de Rome, J’ai vu l’amour souffrir, puis renaître en un tome. Parle-nous des souvenirs, en gardes-tu la trace Comme on garde l’amour lorsque le temps efface? Jasmin : Chaque fleur est un rire, un jour dans mon histoire, Je garde les échos du soleil et du soir. Mes souvenirs sont l'odeur que le vent emporte, Fragiles et volatils, à l’image de la sorte. Carthaginois : Et la séparation, cruelle condition, Nous, mortels, la subissons avec émotion. Toi qui voit les amants sous tes branches se dire, Comment perçois-tu ce déchirement, ce martyre? Jasmin : Racines dans le sol, branches vers l’azur tendues, Je vois les adieux, mais reste ici, étendue. La séparation est comme l'hiver qui prend, Mais au printemps, toujours, la vie reprend son chant. Hugo : Ô jasmin, le poète et l’arbre ont tant à dire, Sur la vie, sur l’amour, les douleurs et les rires. À travers ton parfum, l'éphémère devient art, Et dans le cœur du poète, tu vis même en partant. Ainsi parlaient au clair de lune les poètes, Avec le jasmin sage échangeant leurs quêtes. Carthaginois et Hugo, en la nuit étoilée, Trouvaient dans ses réponses, une vérité voilée. Tandis que la nuit s’étoffe d’un velours plus dense, Un pas feutré résonne, écho plein d’élégance. Baudelaire, l’âme sombre aux versets incandescents, Rejoint le cercle intime, sous le jasmin frémissant. Baudelaire : Quelles douces paroles flottent dans l’air ce soir! J’arrive en ce lieu saint, attiré par le devoir, De sonder avec vous, ô fleur, ô grands poètes, Les abîmes cachés où se tissent nos quêtes. Hugo : Charles, ton noir chagrin, tes paradis artificiels, Trouvent-ils quelque écho dans ce jardin fidèle? Demande au jasmin ce que porte le vent, Quand de spleens et d’idéals, il tisse les chants. Baudelaire : Ô jasmin, nuit et jour, en tes volutes blanches, Trouves-tu dans l’air lourd la trace de mes manches? Peux-tu enseigner comment dans les douleurs, Extraire la beauté, sublimer les malheurs? Jasmin : Poète de la nuit, tes peines sont des graines, Plantées dans le jardin de l’âme qui se peine. La beauté est partout, dans l’ombre comme en lumière, Dans chaque fleur s’ouvre un monde, un univers entier. Carthaginois : Et de la vie, Baudelaire, quelle vision portes-tu? Devant le jasmin sage, exprime ton vécu. Sa réponse éclairera peut-être tes pensées, Tissées de mmélancolie, dans l'encre trempées. Baudelaire : La vie, cruelle amante, par moments exquise, Se montre plus souvent en robe de marquise, Portant en son sein noir d’étranges maladies, Qu’en fleur du jardin clair, offrant mille prémices. Jasmin : Chaque fleur porte en elle un peu de cette nuit, Mais aussi la promesse d’un matin qui reluit. Dans la douleur, un germe, une future floraison, Un cycle sans fin, une éternelle chanson. Hugo : Ô Charles, vois-tu pas, à travers ce discours, Que même dans la nuit, peut se trouver le jour? Ce jasmin nous enseigne, avec ses fleurs sereines, Que même le plus sombre hiver garde une veine. La discussion s’élève, entre vers et parfums, Les poètes, le jasmin, dans le jardin nocturne. Baudelaire, apaisé, trouve dans leurs mots, Un peu de cette lumière, qui dissipe ses maux. Hugo : Dans ce jardin de paix, où les mots sont prière, Je prendrai, doux jasmin, une fleur solitaire. Sur la tombe de Léopoldine, en terre lointaine, Je la déposerai, écho d'une peine sereine. Elle qui fut ma joie, et qui en mer s’est perdue, Trouvera dans ce geste une paix revenue. Que ce jasmin de Carthage veille sur son sommeil, Telle une étoile pure dans le noir ciel vermeil.

Dans ce poème, je crée un tableau vivant où le jasmin sert de lien entre les grandes figures littéraires Victor Hugo, Charles Baudelaire, et un personnage de Carthaginois, une incarnation que j'utilise pour représenter peut-être l’ancienne sagesse ou l’exotisme de civilisations lointaines. Je situe l'action dans les ruines antiques au crépuscule, ajoutant une touche de mélancolie et de nostalgie à la scène. Mon poème se déploie sous forme de dialogue, où chaque personnage, y compris moi-même à travers mes mots, interroge le jasmin sur des thèmes universels tels que l’amour, la mémoire, et la condition humaine face à la séparation et la mort. J'utilise le jasmin, symbole de pureté et de beauté, comme un miroir reflétant les préoccupations intimes et philosophiques des poètes, tissant ainsi une réflexion sur la permanence et l'éphémère.

Poème posté le 08/06/24 par Nader Haddad


 Poète
Nader Haddad



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