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Impressions du Nord
par Gonzague


Les gueules noires Une campagne aux mornes plaines, que l'on appelle le Nord Terrils pour cathédrales, chevalets pour beffrois Le pays des gueules noires a l'odeur de la mort Le peuple des ténèbres souffre de la faim et du froid Chaque matin, la terre avale ces malheureux L'échine pliée, cassée par un travail de bête Un salaire de misère pour nourrir des ventres creux Vivre ou crever, leur vie n'a pas le goût de fête. Des mains de forçats pour extraire l'or des enfers Des regards hagards, du charbon pour tout horizon Peur du grisou dans les profondeurs de la terre Les mineurs, des hommes, les travailleurs des bas-fonds. Mer du nord Sur ces longues étendues de sable, la mer du Nord Tel un cheval de bataille cabre ses vagues hurlantes Sur des remparts de dunes, seule, une armée d'arbres morts Résiste, quant au large, la tempête est déferlante Marée basse, la mer se retire loin du rivage Le vent souffle sur la plage nue, des mouettes volent haut Dans le ciel nuageux, la nature reste sauvage La grisaille de l’automne se reflète dans les eaux Des pêcheurs vont souvent au bout de la jetée La houle se fracasse sur les rochers, laissant voir Que la surface de leur dos rond, chalutiers Et bateaux de plaisance rentrent au port tous les soirs Un jour en mer Jour de tempête en mer du Nord, l’écume grasse Vient s’écraser en flocons dans les crevasses La houle se casse sur le dos des rochers Et se fracasse sur des crabes amochés Un chapelet de moules résiste au grand vent Accroché à un poteau, comme à du ciment Des galets blancs et ronds, roulent, au fil des marées La bourrasque secoue les esquifs amarrés Pas de répit pour les marins, il faut pêcher Lutter contre les éléments, se dépêcher A remplir les cales, des poissons capturés De remonter les filets, des fonds labourés Les mouettes et goélands suivent les bateaux Attendant que les hommes jettent dans les flots Les cadavres malodorants du menu fretin En poussant des cris de petits diablotins Dès le retour au port, les caisses descendues Sur le quai, sont aussitôt proposées, vendues Lors de la criée, les soles et les carrelets Iront sur l’étal d’un mareyeur, sans délai Et comme chaque vendredi, pour le repas Du midi, sera servi, sans grand apparat La brandade de morue, aux croûtons aillés Un plat aimé, apprécié, dans les foyers !



Poème posté le 20/12/23 par Gonzague


 Poète
Gonzague



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