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Hideur
par Salus


Dans ce vieux chêne moribond, Un démon gît là, qui sommeille ; Toute la gent insecte y pond, Profitant, malédiction vieille, De la détresse de l’ancien. - On voit de loin qu’une pendue A laissé, d’un grand amour sien, Tant de peine étant à lui due… Ses longs doigts, crochus dans le ciel, Griffent l’azur d’inavouable.. …Pas d’abeilles ! Ni fleurs, ni miel. La sciure, comme du sable, De lui coule par mille trous ! Noir, merveilleusement sinistre, De très loin, c’est une île ! et tous, Lutins, trolls, sonnent là du sistre ! Indiquant la croix des chemins, Il avoue une diablerie ; Un fantôme, et des monstres nains, Après danser, dans la prairie, S’y retrouvent, pour des sabbats ; Parfois une lamie y grimpe Avec des reliefs de repas… Autour de lui se forme un limbe, Halo discrètement blafard, Brûlant les nuits de lune noire. - Du sang frais lui fait comme un fard ; Sous l’aubier, nue est la Mémoire, On l’égorge très lentement… Or, douze sonne à la pendule ? Résistez ! l’arbre est un aimant ; Écoutez l’instinct qui stridule : Ici n’est pas pour le mortel, Oubliez l’ignoble agonie De cette yeuse, et signez-vous, tel Que conseille une foi honnie !



Poème posté le 10/04/24 par Salus


 Poète
Salus



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