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Poésie d'hier / La passante
Poésie d'hier / La passante
Poésie d'hier / La passante

La passante
par Emile NELLIGAN


Hier, j’ai vu passer, comme une ombre qu’on plaint, En un grand parc obscur, une femme voilée: Funèbre et singulière, elle s’en est allée, Recélant sa fierté sous son masque opalin. Et rien que d’un regard, par ce soir cristallin, J’eus deviné bientôt sa douleur refoulée; Puis elle disparut en quelque noire allée Propice au deuil profond dont son cœur était plein. Ma jeunesse est pareille à la pauvre passante: Beaucoup la croiseront ici-bas dans la sente Où la vie à la tombe âprement nous conduit; Tous la verront passer, feuille sèche à la brise Qui tourbillonne, tombe et se fane en la nuit; Mais nul ne l’aimera, nul ne l’aura comprise.

Nelligan, Émile, 1879-1941
Poésies complètes
Dépôt légal : © 2002 Éditions TYPO
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
ISBN 2-89295-149-6


Poème posté le 23/06/16 par Rickways


 Poète
Emile NELLIGAN



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