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Poésie d'hier / Béatrice
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Poésie d'hier / Béatrice

Béatrice
par Emile NELLIGAN


D’abord j’ai contemplé dans le berceau de chêne Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir; Puis vint la grande fille aux yeux couleur d’ébène, Une brune enfant pâle insensible au plaisir. Son beau front est rêveur; et, quelque peu hautaine Dans son costume blanc qui lui sied à ravir, Elle est bonne et charmante, et sa douce âme est pleine D’innocente candeur que rien ne peut tarir. Chère enfant, laisse ainsi couler ton existence, Espère, prie et crois, console la souffrance. Que ces courts refrains soient tes plus belles chansons! J’élève mon regard vers la voûte azurée Où nagent les astres dans la nuit éthérée, Plus pure te trouvant que leurs plus purs rayons.

Nelligan, Émile, 1879-1941
Poésies complètes
Dépôt légal : © 2002 Éditions TYPO
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
ISBN 2-89295-149-6


Poème posté le 08/07/16 par Rickways


 Poète
Emile NELLIGAN



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