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Trop beau
par Hobo


Je pense parfois à lui, je revois son trop beau visage Et la terreur profonde que je pouvais lire dans ses yeux Le harceler était devenu un jeu pour les gamins du village Qui donc étaient les vrais braves et qui était le peureux ? Prostré, acculé au mur de briques rouges lézardées La blancheur de son teint d’acteur de films muets Contrastait avec la rage de ses bourreaux décidés À coup de poings et de pieds il était devenu leur jouet Si seulement il avait pu courir vite, mieux lancer la balle Cracher par terre et se battre, comme un ''vrai homme''… T’es une tapette! T’es une fille! Criaient les chacals Chez les loups chacun le sait, il vaut mieux faire comme Chaque matin et chaque soir sur le chemin des écoliers Il savait qu’il paierait d’être différent, qu’il pleurerait Il marchait les épaules voûtées, résigné à être humilié Il marchait seul sans ami, seul dans un monde abstrait Laissez moi! Je ne vous ai rien fait! Était sa plainte habituelle Je ne l’ai jamais frappée ou bousculé moi-même… Je le jure… Mais la meute inventait chaque jour, une cruauté nouvelle J’aurais dû crier stop! J’aurais pu me lever, arrêter la torture. Ce lundi là, il n’est pas venu l’école, lui qui n’était jamais absent À la récré la rumeur courrait, à voix basse tous parlait de lui On l’avait retrouvé mort, pendu au sous-sol chez ses parents Un mot écrit sur la page d’un cahier:’’Je n’aime pas qui je suis’’ Je pense parfois à lui et à ma lâcheté de mouton dans le troupeau À la petitesse qui fait que l’on peu haïr quelqu’un d’être trop beau.



Poème posté le 25/10/08


 Poète
Hobo



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