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Poésie d'hier / Sémiramis
              
Poésie d'hier / Sémiramis
         
Poésie d'hier / Sémiramis

Sémiramis
par Théodore DE BANVILLE


Elle ne voulut jamais se marier légitimement, afin de ne pas être privée de la souveraineté ; mais elle choisissait les plus beaux hommes de son armée, et, après leur avoir accordé ses faveurs, elle les faisait disparaître. (Diodore de Sicile, Livre II. Trad. Ferdinand Hoefer.) Sémiramis, qui règne et dont la gloire éclate, Mène après elle, ainsi que le ferait un Dieu, Les rois vaincus ; on voit dans une mer de feu Les astres resplendir sur sa robe écarlate. Attentive à la voix du fleuve qui la flatte, Elle écoute gémir et chanter le flot bleu, En traversant le pont triomphal que par jeu Sa main dominatrice a jeté sur l’Euphrate. Or, tandis qu’elle passe, humiliant le jour, Un soldat bactrien murmure, fou d’amour : Je voudrais la tenir entre mes bras, dussé-je, Après, être mangé tout vivant par des chiens ! Alors Sémiramis, la colombe de neige, Tourne vers lui son front céleste et lui dit : Viens !

Les Princesses, Alphonse Lemerre, éditeur, 1890

Poème posté le 29/12/22 par Salus

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 Poète
Théodore DE BANVILLE



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