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Poésie d'hier / Ariane
              
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Ariane
par Théodore DE BANVILLE


Et Dionysos aux cheveux d’or épousa la blonde Ariadnè, fille de Minos, et il l’épousa dans la fleur de la jeunesse, et le Kroniôn la mit à l’abri de la vieillesse et la fit Immortelle. Hésiode, Théogonie. Trad. Leconte de Lisle. Dans Naxos, où les fleurs ouvrent leurs grands calices Et que la douce mer baise avec des sanglots, Dans l’île fortunée, enchantement des flots, Le divin Iacchos apporte ses délices. Entouré des lions, des panthères, des lices, Le Dieu songe, les yeux voilés et demi-clos ; Les Thyades au loin charment les verts îlots Et de ses raisins noirs ornent leurs cheveux lisses. Assise sur un tigre amené d’Orient, Ariane triomphe, indolente, et riant Aux lieux même où pleura son amour méprisée. Elle va, nue et folle et les cheveux épars, Et, songeant comme en rêve à son vainqueur Thésée, Admire la douceur des fauves léopards.

Les Princesses, Alphonse Lemerre, éditeur, 1890

Poème posté le 26/01/23 par Salus


 Poète
Théodore DE BANVILLE



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