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Poésie d'hier / Hérodiade
              
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Poésie d'hier / Hérodiade

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Hérodiade
par Théodore DE BANVILLE


Car elle était vraiment princesse : c’était la reine de Judée, la femme d’Hérode, celle qui a demandé la tête de Jean-Baptiste. (Henri Heine, Atta Troll.) Ses yeux sont transparents comme l’eau du Jourdain. Elle a de lourds colliers et des pendants d’oreilles ; Elle est plus douce à voir que le raisin des treilles, Et la rose des bois a peur de son dédain. Elle rit et folâtre avec un air badin, Laissant de sa jeunesse éclater les merveilles. Sa lèvre est écarlate, et ses dents sont pareilles Pour la blancheur aux lys orgueilleux du jardin. Voyez-la, voyez-la venir, la jeune reine ! Un petit page noir tient sa robe qui traîne En flots voluptueux le long du corridor. Sur ses doigts le rubis, le saphir, l’améthyste Font resplendir leurs feux charmants : dans un plat d’or Elle porte le chef sanglant de Jean-Baptiste.

Les Princesses, Alphonse Lemerre, éditeur, 1890

Poème posté le 23/04/23 par Salus


 Poète
Théodore DE BANVILLE



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