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Poésie d'hier / La palais hanté
              
Poésie d'hier / La palais hanté
         
Poésie d'hier / La palais hanté

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La palais hanté
par Antonin ARTAUD


à Génica Atanasiou. Dans la verte vallée où règnent les bons anges Jadis un beau palais, un rayonnant palais S’élevait Le Roi Pensée avait ses assises étranges Dans ce palais. Et la terre n’offrit jamais à ses bons anges Pour y déployer leur vol Un plus merveilleux palais. Il était couronné de flammes, il était, Il était tout illuminé. Or ceci se passait dans l’au-delà des temps. Et chaque fois qu’un vent venait mouvoir ses plantes Venait virevolter sur ses pierres brillantes Un arôme montait qui défiait le temps. Si vous étiez passés, voyageurs attardés Ô passants égarés des routes de la fable Vous eussiez à travers les vitres ineffables Vu des âmes au son d’un luth se démener Dans un ordre parfait Autour du trône où se tenait Dans sa pose fantomatique Le Maître, le Porphyrogénète, le Roi Majestueusement, du Palais fantastique. Mais un jour s’éploya le vol des noirs esprits Ils passèrent comme une vague de ténèbres Sur le palais. Hélas la tempête funèbre N’a plus laissé sur son passage qu’un long cri De désespoir, et le saccage de la gloire Du Monarque prestigieux dont la mémoire N’est plus que le rêve d’un rêve Et passant, à travers le palais déserté, Vous verriez, à travers les fenêtres mourantes De vastes ombres sans but se démener Dans l’atroce concert de musiques stridentes Tandis qu’un peuple fou vers les portes rué Déferle pour l’éternité et se démène, Et rit, – mais ne peut plus sourire.



Poème posté le 15/09/23 par Rickways


 Poète
Antonin ARTAUD



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