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Poésie d'hier / La mort
              
Poésie d'hier / La mort
         
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La mort
par Anatole FRANCE


Si la vierge vers toi jette sous les ramures Le rire par sa mère à ses lèvres appris ; Si, tiède dans son corps dont elle sait le prix, Le désir a gonflé ses formes demi-mûres ; Le soir, dans la forêt pleine de frais murmures, Si, méditant d’unir vos chairs et vos esprits, Vous mêlez, de sang jeune et de baisers fleuris, Vos lèvres, en jouant, teintes du suc des mûres ; Si le besoin d’aimer vous caresse et vous mord, Amants, c’est que déjà plane sur vous la Mort : Son aiguillon fait seul d’un couple un dieu qui crée. Le sein d’un immortel ne saurait s’embraser. Louez, vierges, amants, louez la Mort sacrée, Puisque vous lui devez l’ivresse du baiser.

In Les poèmes dorés

Poème posté le 20/09/23 par Rickways


 Poète
Anatole FRANCE



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