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Poésie d'hier / Pierrots et Pierrettes
              
Poésie d'hier / Pierrots et Pierrettes
         
Poésie d'hier / Pierrots et Pierrettes

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Pierrots et Pierrettes
par Jules CANONGE


Le carnaval dans l'ombre agite son grelot Et pousse à l'Opéra son ardente fournée. — « Pourquoi me caches-tu, Pierrot, « Ta mine enfarinée ? » Ta Pierrette est plus douce et plus franche que toi ; » Vois, comme son accueil est plein de confiance ! » Au galop vois comme, avec moi, » Joyeuse elle s'élance ! » Tu sembles ennuyé, mon pauvre ami Pierrot, » Tandis qu'autour de toi la folie étincelle, » D'être seul, au bal, comme un sot, » Planté-là par ta belle. » Entends comme elle rit !... ce n'est pas généreux » D'étaler devant nous cette face inquiète, » Serais-tu jaloux ? malheureux ! .» Tu dois être un poète !... » Le Pierrot dans la foule aperçoit un hussard : Il bondit; il se pend à son cou; puis, la danse Sous la baguette de Musard Les emporte en cadence. Que sont-ils devenus? Demandez où s'en vont Et l'étoile qui file et le ballon qui sombre ? Les feux follets qu'on voit en rond Tourbillonner dans l'ombre ? Demandez où s'en vont, le repos des maris, La foi des amoureux, la vertu des coquettes, Le bon sens des brillants esprits, Les lunes, les comètes?... A celui qui nargua le Pierrot, de sa main Effleurant son nez rose et moqueur, la Pierrette Allongea ce geste badin Qu'insolemment on jette ; Puis, elle disparut dans les bras d'un flambard.... Le railleur, à son tour, fut raillé, les gamines Le présentèrent à Musard En lui faisant des mines. Le Grand-Turc qui passait le nomma grand-visir ; Un Romain l'applaudit en roulant des yeux mornes, Un huissier voulut le saisir ; Satan lui fit des cornes. Lorsqu'enfin, promené de sarcasme en douleurs, Il fut suffisamment berné, moulu, les folles Le lâchèrent, courant ailleurs Improviser leurs rôles. Il s'essuyait le front, n'osant plus dire un mot. Soudain il reconnut sa Pierrette assassine Embrassant, hélas ! son Pierrot, Son Pierrot sans farine !.... L'apercevant ouvrir ses grands yeux effarés, De leur loge en riant tous les deux ils sortirent ; Puis, de beaux masques entourés, L'abordèrent et dirent : « Mon ami, conviens-en, ton rôle est un peu sot ; » Tu croyais triompher, ta déroute est complète. » Vois : Pierrette était un Pierrot, » Pierrot, une Pierrette. » Tous deux, pour te servir, sont de tendres époux ; » Le flambard c'est mon oncle et le hussard, mon frère. » Viens, en déjeûnant avec nous, » Oublier ta colère. »

Varia

Poème posté le 22/09/23 par Rickways


 Poète
Jules CANONGE



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