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Poésie d'hier / La maison où je l’ai connue
              
Poésie d'hier / La maison où je l’ai connue
         
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La maison où je l’ai connue
par Tristan DERÈME


La maison où je l’ai connue Abrite un cuistre chauve et gras. Où est la courbe de ses bras ? Où est sa gorge dure et nue ? Bon cuistre (hic, hœc, hoc ; hujus, Hujus, hujus), parle-moi d’elle, Que ta voix comme une chandelle Éclaire les plaisirs que j’eus. Je viendrai dans l’étroite chambre, Et les souvenirs sur les murs Seront pareils à des fruits mûrs Sur les espaliers de septembre. Cuistre adorable (hic, hœc, hoc), Son amant fleure-t-il le musc, le Corylopsis ? Tend-il le muscle Du mollet comme un jeune coq ? Voici le store et les persiennes. Le soir elle s’endormait là. La tendresse donnait le la Sous les gravures anciennes. Cuistre, je t’aime avec éclat Car le cuir de ton crâne chauve Reflète l’ombre de l’alcôve Où l’amour aux dieux m’égala. Une feuille de l’hiver blême Tombe sur la table où j’écris ; Et je raille malgré les cris Que j’entends au fond de moi-même. Que ne puis-je être allègre et doux Comme un lièvre sur une touffe, À l’heure où le chagrin m’étouffe Et me fait ployer les genoux ! Ils disent que la vie est belle. Je meurs, tu meurs et nous mourons. De liserons, parons nos fronts. Ouvrez l’amour comme une ombrelle. Ah ! ferme ces yeux obstinés Si rien au monde n’est durable, Et mets la lampe sous la table Car l’encrier te rit au nez.

La verdure dorée

Poème posté le 28/10/23 par Rickways


 Poète
Tristan DERÈME



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