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H... et N... , Japon, 1950
par Pampelune


Il parle d’Hiroshima et Nagasaki, Il évoque ces jugulaires suantes, ces casques, clairsemant la foule Grouillante, dense, anonyme, hagarde, gueulante. J'écoute Et je hais son impassibilité Forcée. Il le sait. Cependant, Me murmure-t-il, c'est son unique rempart... Autrement, Le délire traumatique l'avalerai tout cru. Il se confesse. L’amanite atomique s’était vite tu Son sillage a porté un nouveau nom au néant. Ils ont tous été soufflés hors même du cercle de la guerre. Dans l’interstice des paupières brûlées Dont il ne reste pas un cil à balayer, Je goûte au trou du mouchoir. Qu’est-ce qu’un désert ? Qu’est-ce qu’un blanc ? L’univers entier est-il à l’arrêt si une seule goutte de sang touche le [ciel ? Mais le ciel pleure déjà l’indicible. Les rafales chaudes, les décombres lourds, Et les charniers qui écrasent leurs jus Sous les vieilles planches clouées dessus, Comme cette pomme laminée entre mes doigts, Sont innommables. Ils gémissent : « oh ! Plus un dieu à implorer, ni salut. » La PAIX ! [aurais-je hurler. Toi cendre ! Champignon suprême, es-tu le paradis ? Où est l’enfer ? T’a-t-il épousé ? Les papas, les mamans, les frères, les sœurs ont fui. Leurs rangs en pâte cuite sont accroupis, égarés. Calcinés toujours calcinés, Noirs, toujours noirs. POUSSIÈRES, Charbon. L'enfant défiguré cherche, aveuglément. Inutilement. Le silence est le pire des cris, Ce n’est pas la mort, le plus douloureux, c’est l’agonie. Pour les cadavres certes, quant aux survivants… La cervelle est matière grise autant, marre sur le sol. Elle déborde des suaires, des tissus boursoufflés. Les reins, les cœurs en bouillie, âmes n’ont plus. Les fumées, les ciments, les tuiles brisés Les ont happées. A son récit J’aurais vomi, si j’avais eu une bile à vomir. Mes fluides ont désertés mon corps, Devenus soudain aussi creux que les leurs bêtes. Bestiaux car inertes et témoignages. L’histoire avec h / H compatit ; Et pendant ce temps là, oui, constate, Le calice de David est infiniment vide.

Petit clin d'oeil à "la table de David" et son verre que j'espère encore voir plein un jour.

Poème posté le 07/04/09


 Poète
Pampelune



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