Accueil Forum Inscription/connexion
Poésie libre / Le Sucidé
Poésie libre / Le Sucidé
Poésie libre / Le Sucidé

Le Sucidé
par Patton


Le métal froid m’a percé les yeux J’ai eu bien tort de choisir cette lame Ce ne fut qu’une mauvaise idée de plus… Je pensais voir la Tendresse de l’acier Que me suis-je trompé… Il n’y a rien de plus douloureux que l’introduction d’un corps métallique Dans l’orbite d’un œil bien ouvert, une fois retiré Il s’en écoule un lait très vert ! La nuit, je pouvais voir les masses sans imagination Dandinant doucement leurs carrures de piverts Maintenant Je ne peux même plus voir les cicatrices Qui doivent cercler l’endroit où ma vie a brillé Les filles de foire aux reins brisés Ne danserons plus sous mes yeux l’été Il ne me reste rien Que ces nuances d’obscurité Cette couleur qui, terrible, saisit chaque instant Quant à cette candeur Si elle est acquise aux aveugles C’est comme un lot de consolation Une parfaite fatalité Plus tard jamais, ou bien hier : Je meurs enfin Mais, étrangeté, je n’ai pas de rancune En cette heure où la nuit se fait plus noire encore Je sens filer en moi toutes les couleurs du monde De ma posthume éternité, Je lance des fleurs sur sa jolie tête Sur celle-là qui, même, ne m’a pas aimé Pourquoi mentir ? Je ne vois plus rien Et j’aime la vie Enfin.



Poème posté le 05/03/08



.