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Poésie libre / L'Orgue et l' Oeil
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L'Orgue et l' Oeil
par Gorth


Je voyais des sourires monstrueux, ils étaient comme l’œuvre d’une lame à doubles tranchants qui s’entrechoque dans les étreintes d’un soleil aux rayons sanglants. Le ciel comme une oriflamme claire et dorée qui cachent des anges qui pullulent derrière des rideaux noirs. Je n’ai plus de raison, agonisant au fond de mon lit, le goût de pestilence dans les joues et les papilles qui s’embrasent au goût de sèves bleues invisibles. Dans l’ombre, deux bancs d’ivoire diamétralement opposé entourent d’une lumière pâle le suaire superfin. On posait une auréole de fleurs de sang dans tes cheveux nivelé, ton visage était surélevé comme un navire sans vent et sans voiles, ton corps dans sa robe en cachemire était livide, tes yeux étaient éteints. Sous tes paupières la cornée à cesser de percevoir la lumière et était devenu terne. Je devinais tes muscles passés sous de souples paumes de mains qui ont redonné souplesse à ton corps qui se tenait rigor mortis. Tes paupières étaient collées, tes lèvres ont été jointes par une aiguille d’acier et des coutures pellucides. On te donnait une seconde vie dans la mort. Tu étais une enfant de rêve au masque fastueux. La machine avait décrit des zigzags, il semblait que tu riais, les bras tombant sur les genoux, le cordon de vie pendant derrière toi, tu ne le vis pas… Tracée aux bords de l’abîme, tu sentais chaque pulsation de ton cœur s’accélérer, quand la machine avait ses rouages qui pirouettaient et s’emballait de plus en plus vite, ton cœur tremblait. Maudit ! Soit ceux qui te conduisirent à travers le plexiglas. Je me demandais si ma douleur allait s’arrêter, ô nos peines, car jadis auprès de toi nous chantions ton oraison funèbre. Tes nerfs et tes muscles s’atrophiaient, quand soudain un éclat dans tes yeux perçoit de toutes ces couleurs les beautés de la vie, tu es éjecté brutalement de ton siège, le crane en avant traversant la masse dans un mélange de sangs, de chairs, d’os et de verre pilés, la force de l’impact te rompit la nuque nette laissant ton corps inerte sur les gravier et le sable humide . On lisait sur ton visage un regret, des spasmes maintenait encore quelques secondes ton sourire, le sol se teintait de long fleuve couleur rubis, ton corps allongé, rectiligne expirait déjà son âme dans une excavation étroite et platonicienne. Comme un saltimbanque je souille ma douleur derrière des miroirs brisés, la chute vers l’Enfer naissante, qui ne sait se taire doit apprendre par la douleur : - « Je voudrais te voir morte ! » Mégane, il n’est pas un jour où je me sentis coupable de tout ça, il en est encore vrai aujourd’hui. Rappelle nous tes songes : élever dans les airs des mélodies divines et angéliques, aujourd’hui je porte ta voix qui s’est trop vite éteinte. Comment des paupières fermées peuvent-elles encore fendre le cœur ? Sous un déluge de solitude, j’ai enfoui et gravé quelque part ton épitaphe. Puisses-tu pardonner mon cœur gangrené, car de ma bouche, dans mes sommeils il coulait de la cire comme un fil soyeux sur deux lèvres où agissaient autrefois la parole de la terre en allumant un flambeau de détresse dans ton ciel de colombes, tombé sous l’éclat du plomb.

En cette période j'avais dédié avec toutes les larmes de ma plume ce petit épitaphe pour ma cousine partit trop tôt, je voulais le partager avec vous.

Poème posté le 04/11/14


 Poète
Gorth



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