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Poésie libre / L'Amourticide
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L'Amourticide
par Kero


La naissance des premiers frimas de l'hiver avait déjà poussé son cri depuis bien longtemps. En un rien de temps l'automne plia baguage pour laisser royaume à la saison des neiges. L'existence était vêtue d'une simple et unique nuit Arctique. La brume gelait le manteau mourant. Les plaines intérieures ne se coiffaient plus d'herbes grasses des jours prometteurs mais de steppes infinies. Voici le cœur de l'homme, le dessin glacial qu'on lui façonna. Regardant le printemps de ses semblables qui n'est qu'un leurre de bourgeons Ils sourient comme des braves pour oublier l'hiver des tombes. Voyez vos mains. Les cornes de part la pioche vous font l'empreinte, signant la fosse. J'obtins la vérité sous le joug de la traîtresse. Le mensonge balaya toutes idées de rêve. J'obtins un double poison aux goûts humains De l'amour foison au coup de surin. Transition subite. Du miel à la trahison multiple J'observe dans mes nuits élastiques, arctiques. Combien de fois j'ai vu ce regard oblique sans donner grâce à la grandeur onirique. Et mettre sur piédestal « l'amourticide » Loin, très loin de vous, il regarde du coin de l’œil vos gesticulations de vie. Lui, n'en a plus cure. Il est bien loin de votre printemps joyeux, de votre été curieux qui s'agenouille pour mettre en terre, au creux, vos dernières breloques honteuses. L'homme était l'un de ceux là. Faisant parti de ce moment printemps. Sa musette pleine comme la corne d'abondance, l'offrit sans retenue. Lorsqu'il senti de sa main, le vide du fond du sac Lorsque l'offrande de ses plus grands secrets venait à manquer il inventa de ses doigts cachés d'autres trésors aussi vrais que ses premiers dons. Mais l'on attendit pas que tout cela pousse. Le talon sur le germe l'étouffa sous la boue. Transition. Entre deux eaux. Que la marge est jolie accrochée à la page raturée. Le petit coin de plage restera sans vie, écorché mais immaculé. Une règle posée sur son tranchant pour ôter l'herbe fausse, le chiendent. Le talon n'est pas destiné à tourner sur lui même. Le pas n'a pas le pouvoir du reculons. Il ne soustrait rien de son vécu. Il additionne et récolte son contenu. Le fantôme de la page arrachée murmura de temps à autres mais jamais ne repoussera dans les frimas de son hiver semé Jean-Claude Dewulf

« l'amourticide » Adjectif inventé

Poème posté le 01/11/15



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