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L'hippocampe
par Domagoj sirotinja


La carte du monde éclaire l'ONU, l'ovni qui croit à l'union des couleurs,des ronces et des épines; et moi minable être humain plaide la tolérance entre les peuples, déprimés, opprimés, vers luisants dans le désert vénéneux. A cette heure où je parle au nom de la terre et de ses habitants [et je n'oublie pas ceux en l'air d'avoir trop aimé], on verse une larme de sang, une flamme d'espoir et de crainte soulevant les coeurs. Ce soir l'hippocampe a mordu aux mots racistes en les développant avec hargne et bêtise, l'hippocampe de sa mâchoire tubulaire a broyé d'un souffle lent les pleurs des martyrs... Mais la mer est folle, le rebut de Patagonie se rebelle jusqu'à vendre ses rentes ! Une seule vie vaut la peine que se donnent les amis de la fraternité, auxquels ma personne rend un hommage solaire. Je ne mâcherai pas mes mots pour dire sans vers : je boufferai la tête et l'intestin de ceux qui manifestent des intentions racistes. Conte abrupt de la falaise de Rügen Au pays des antisémites, tout le monde se comprend, et lire sur les visages l'attitude cavalière des habitants, laisse à penser que ce beau monde s'aime vraiment ! Ainsi va la vie, tranquille, de ce curieux pays, semblable à un continent nourri et étouffé de ses propres expériences. Jusqu'au jour où déboule à carriole un raciste, chamboulant à jamais le regard des autochtones ; petit et trapu, d'une alcaline blancheur, visage émacié il raconte à qui veut l'entendre cette étrange histoire : il existe au-delà de cet océan un autre continent appelé "la Blanche Terre", et sur sa face aride survivent tant bien que mal quelques millions d'habitants avec pour seuls amours l'omelette, la mortadelle et la patate ! Les gens de ce pays féerique sont soit blancs, soit noirs, à noter malignement qu'aucune couleur intermédiaire n'est tolérée. Ainsi va la vie de cette terre époustouflante surnommée "au pays des racistes", en opposition à "au pays des antisémites". Un jour de neige collante, le raciste, à la carriole pétaradante, voulant tromper son ennui et son humeur de fiente, fit une remarque retentissante à un passant de confession juive : * Les Arabes sont tous des voleurs de chameaux et de tentes * ! Sa parole fut dans les moindres ports commentée et les instances dirigeantes diagnostiquèrent une tendinite à caractère antisémite. C'est ainsi que, malgré multes protestations et prières, il fut chassé de la Blanche Terre et parachuté au pays des antisémites, nu comme un ver, avec carriole. La nouvelle circula sans interruption à la vitesse du viagra, à travers champs et marais, comme le chikungunya, et les habitants, sous le choc, de se demander : " Qui sommes-nous vraiment ? " Cette question fut dans les moindres pores distillée et les instances dirigeantes de ce monde la qualifièrent de riposte antisémite à retardement. Les habitant furent évacués, de toute urgence, sur une île paradisiaque répondant au doux prénom d'Izraelle, où, d'après une légende de cordonniers transmise de père en fils, les noirs courent plus vite que les guépards. @ Edi Sorić



Poème posté le 27/07/10


 Poète
Domagoj sirotinja



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