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Poésie libre / Cela pourrait déplaire
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Cela pourrait déplaire
par Madykissine


Quelques amis s'en vont qu'on ne remplace pas : Pensant à eux parfois on tente, malgré soi, De les faire parler lorsque les circonstances Font le nid de l'angoisse. Un terrible silence Oblige à recevoir le prix d'être vivant. Qu'un livre de sagesse exprime un sentiment Sauve du vide immense et cependant l'envie N'a pas vaincu la peur. Ô sensible anémie Que l'amitié dépose au chevet de la nuit... Voyons, relève-toi ! Quitte cet air d'ennui Qui n'est ni beau ni bon ! Je rêve ou bien... j'espère. Avec des mots, briser les chaînes des galères Mais ramer librement ou bien quitter le bord ? Commence à ton niveau. La suite des apports Vient, comme le matin. Chaque aurore fait naître. Admettre enfin cela permet le meilleur-être. Haut les cœurs, dit celui qui, de l'autre côté, Regarde les loups blancs, au ban, bien alignés Par les chasseurs de prime assis devant la table. Ose vivre, morbleu, toi qui mourrais aimable ! Allonge un peu ton pas sur le fil des saisons. La résignation te tuera, blanc mouton, Dans un rituel si lent qu'il n'y aura personne Auprès de toi : ni grand ni petit qui frissonne Et l'immobilité qui, des statues, fait l'art, Te jettera au puits à la faveur du soir. Parle, crie ton regret, ton désir et ta haine Afin que les maudits ne maquillent ta peine Et ta réalité pour flatter les aïeux Ou les enfants du jour qui dansent dans tes yeux. Tant pis si ça déplaît aux fantômes qui boitent Dans les petits salons. Que plus rien ne t'exploite À l'automne fumant des soupes de navets. N'accepte aucun paiement pour ce qui n'est pas fait Mais ne te soumets pas aux journaux de la veille. Accouche de la joie qui, sous l'instant, sommeille. Accouche de toi-même entre l'eau et le ciel. Ne choisis pas la mort d'un jour artificiel : Elle vient d'un recul, non d'un pas magnifique. Et si cela déplait à la rumeur publique, Alors tu entendras, entre ses cris obtus, Les voix sorties de l'ombre adresser leur salut. Trop de sujets sur terre et pas assez de verbe... Alors tu souriras aux vindictes superbes Dans l'hésitation que le soir, à tes pieds, Jette comme un tapis. C'est là ton atelier, C'est ici, maintenant, que la mémoire éclaire Et que la vérité survit, même sans plaire. MMXVI Verroteries - ©M.KISSINE – ISBN 9782919390311 29 mai 2016



Poème posté le 29/05/16


 Poète
Madykissine



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