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Amy Winehouse
par Poesie101


À Amy Winehouse (1983-2011) Quand j’entendis ta voix d’or sans pareil, Mon cœur cessa de battre une seconde, Car elle aveuglait l’azur du soleil Et de par ton nom, j’oublierai ton monde; Quand je vis tes cheveux à ton réveil, Charme particulier dont je m’inonde, Je crus, sûrement, que monter le vieil Escalier de soie avec ta profonde (Quand hier j’appris ta mort, il est vrai, Je ne te connaissais que de portrait) Gorge divulguant au sommet, un voile, Quand la Débauche entretient la diva; Sincère, je pense, un peu d’elle va Prendre la voix de notre unique Étoile. Musique II Il est une musique où mille fronts aigris Se courbent devant elle; on se doit d’être affable Et de cette ambiance au son inimitable, Envoûtement pourpré, leurs sens sont en souris; Se dandinant au firmament très doux mais gris, Elle clame (malgré sa cadence ineffable) La mort perpétuelle à la sienne, incapable De survivre ici-bas, sous ses fards amaigris; Pourquoi te détruis-tu? Jolie et remarquable, Peu de gens s’en iront dans ton être louable, Par la peur d’échouer du jour au lendemain! Reste, s’il te plaît, reste! ô! que tu sois bénie! Regarde, sens! tomber la guipure, refrain Qui submerge l’Aurore aux beautés du génie! Vieux Menuet III Je suis à bout de souffle et ne sachant quoi dire, Quand l’été se cloisonne, immuable et muet, Je me laisse envahir par ce vieux menuet Rapportant à ma main une étoile à prédire; En solitude y danse une dame. Son dire Si chaleureux envoûte et je le suis discret : J’aimerais lui parler, d’abord au cabaret Combien belle est sa voix – je ne puis la décrire; Au crépuscule ardent, brûlent arborescents, Des cierges et des fleurs; l’air faux que je ressens À la fin de juillet - sa demeure juchée - Laisse paraître encor cette vie entachée D’où résonnaient charme et chaleur, glorieux seuil Qu’éteint la plénitude avec larmes à l’œil. IV J’ai promené la Nuit au détour de mes yeux, Comme une pauvre vierge, elle s’en est allée Au sortir des griffons qui frissonnent d’emblée Doucement le gazon et lourd et gracieux; Je la vois recéler, son secret par les cieux, Mouvants, mais sans penser, distrait, à la volée, J’ai promené la Nuit au détour de mes yeux, Comme une pauvre vierge, elle s’en est allée; En le bruissement de son chant merveilleux, Je m’y suis accroché — musique endiablée! — Le long de sa prunelle, onde quasi sablée; À travers la blancheur, à travers tous les gueux, J’ai promené la Nuit au détour de mes yeux : Comme une pauvre vierge, elle s’en est allée! V Il t’a fallu haïr, tu te devais d’aimer, Ange, repose-toi, porte en ton cœur ma lettre; S’il te plaît, s’il te plaît, je te prie à la mettre Comme épitaphe : va, va donc faire rimer Tes mots, profondément; qu’il est dur de semer Un plus beau paysage, alors que, sous ton être, Il t’a fallu haïr, tu te devais d’aimer, Ange, repose-toi, porte en ton cœur ma lettre; Artiste sans façon qui faisait ranimer L’Homme de son essence ou l’Homme de l’Homme, être Capable d’innover à tel point, pourquoi, maître, J’aimerais savoir ô! pourquoi tout décimer, Il t’a fallu haïr, tu te devais d’aimer? VI Quelquefois à l’oreille, il s’y raccroche encor : Des beautés du jasmin, à l’intérieur même, Son récital au cœur me berce, danse et m’aime Et fraternellement, quand la nuit on s’endort; Je m’enivre de lui, des échos, du remord De ne l’avoir point vu de ton vivant ressème Sur ma terre fertile un illustre poème Dont nul ne brisera tous ces verbes en or; Une nuit de juillet, ô fis-tu le contraire? J’ai perdu cette amie, une artiste, sœur-mère Et qui veillait sur moi pour m’aider à dormir; Amy, serais-tu prête, au-delà du soupir, Lorsque Orphée ira tard le soir par ta fenêtre, Heureuse, à lui sourire, en clamant cette lettre? VII Fragile, tu montais les marches d’Occident Une à une, enchantée, en ton destin tragique; Souple, ton crescendo, soufflement tyrannique Disputait, submergé, la vie en souriant. Comblée en l’au-delà, notre Nature ayant Offert à la mémoire une femme mythique Et brûlant tendrement d’entendre son classique, Elle occulte sa voix d’espoir s’agenouillant. À ces lieux d’Angleterre où sa tresse de Reine Osée et mystérieuse, inspirée, à l’ancienne, Du jazz au soul, elle exprimait sa passion. Et tantôt composant, et tantôt dans son monde Inapte, elle chantait sa détresse profonde Aux glacials regards et sans compassion.



Poème posté le 27/08/11


 Poète
Poesie101



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