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Visitation
par Lasource


Avant la silencieuse explosion du soleil sur la mer Immense et frémissant il est venu dans une odeur d'iode et de santal L'Ange de l'invisible En signe de respect les pins ont courbé la tête Tandis que l'heure déroulait jusqu'à l'horizon A travers le porphyre d'eaux blanches et vertes Un tapis de pourpre splendeur sous la basilique incommensurable De l'azur Et tant que l'invisible ainsi vibrait autour des choses Vrombissant vif comme un millier d'ailes de colibris En respirant l'aise amoureuse de l'instant le solitaire Avançait en plein bonheur Visage inondé de lumière Sous le cataractant murmure de l'Esprit : Tel est cet univers que tout ce qu'il contient de merveilleux Disait hiératique la voix Doit à jamais rester inaperçu des hommes Exception faite des petits enfants des fous et des poètes De la mer arrivait une sorte d'approbation rocailleuse d'aïeule Qui ressasse indéfiniment ses souvenirs dans une langue oubliée Sans avoir conscience qu'elle vient de réciter La même chose exactement deux minutes plus tôt Les premiers passants sont venus respirer les embruns sur la jetée Puis on a entendu le vacarme des premiers moteurs Et les aboiements des chiens qui se croisent au bout de leurs laisses Ou posent sans vergogne au milieu du trottoir Quelque merde autour de laquelle aussitôt s'empressent Deux trois mouches d'or vert Les arbres se sont redressés Les drapeaux du port Sont retombés Sur la ligne des vagues Un gros paquebot blanc a traversé lentement la baie En face Aïlenn a paru au balcon cheveux Dorés buste en avant comme une figure de proue Elle a fait un signe du bras en souriant et ce fut le matin.



Poème posté le 27/09/11


 Poète
Lasource



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