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Poésie libre / Le banc public
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Le banc public
par Fregat


De loin, de son buisson, dans cette fin d’après-midi De janvier frileux, sur le banc vert de ses nuits blanches, Il observe les amoureux enlacés : Lui la main dans ses cheveux, Elle, le visage sur sa poitrine. Malgré le paravent de verdure, il entend parfaitement Les mots silencieux qu’échangent leurs cœurs unis. L’éclairage public s’allume, il se fait tard. Le couple se lève d’un égal élan, Sans cesser de s’étreindre, Sans croiser son regard qui n’est ni curieux ni malsain, Juste ébloui par une si belle tendresse. Il les suit longuement, jusqu’à la grille du parc Qui grince un peu en se refermant. Franchissant une invisible porte qu’il referme avec soin, Il tire du bosquet un carton, puis son baluchon, Et retrouve son lit incommode, Ouvert aux quatre saisons : Ce banc public, nid d’amour du couple Qui venaient juste de s’y enlacer. Il le fera sien cette nuit encore, jusqu’au petit matin. Il s’allonge, tirant de son vieux sac Une couverture à carreaux où il s’enveloppe. Il remonte un peu les genoux car elle est trop courte. Il visse son bonnet profondément sur sa tête. De ses yeux bruns, il tire la ficelle du réverbère Qui s’éteint, obéissant. L’image du jeune couple danse devant ses yeux. Derrière ses paupières maintenant closes, Sa nuit s’amorce, dorée de ce film qui pénètre son rêve. Il sourit. Chut, il dort à présent, Comme depuis longtemps il n'a pas dormi, Recroquevillé dans son lit de fortune, Sous la bise mordante qui balaie le square Et sa chambre glacée, au chauffage coupé.

Merci à Piwi dont "le vagabond" m'a donné envie d'écrire cette histoire.

Poème posté le 23/01/17


 Poète
Fregat



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