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Urus
par Salus


O ! temps immémoriaux du delta souverain, Aux Camargues épaisses balayées, Ces rivages marins de terres déployées, Sous l’eau qui sourd d'un principe utérin.. Dans cette immense plaine agitée et violente, Une bête immobile, au souffle amer, Songeusement, la tête vers la mer, Regardait le ciel fluide aboucher l’eau mouvante… Là, l’esprit de la Crau respirait les mistrals ! Des bourrasques pleines d’oiseaux crachés Du flux salin d'abrupts hivers hachés Par la nuit fauve et lente et les soleils australs. Et tout ici commence, avance et recommence, Danse, au mouvoir secret d'avalaisons, Le souffle prodigieux d’exhalaisons Du long fleuve épandant sa sereine démence ; L’alchimique est ici ! Le paradis brutal, La terre libre alors d’humanité, Où Nature créa, d’éternité, Un élan d’absolu dans un creuset vital ! Par les matins d’air calme avalés par la brume, Des Orients où le monde sancit, Venait la vague et les sons imprécis De géants à fanons s’ébrouant dans l’écume.. Dans un long jour bleu d’eau, vif, et de sel enfui, Le temps d’amour, fatal, et d’agonie, S’allongeait une heure étale, infinie, Pour l’urgence éternelle où le printemps reluit. Sous les stridulations de cent milliards d’insectes, Le déclin lourd des étés séraphins Nimbait d’or roux les palustres confins, Dès l’éveil mystérieux de faunes circonspectes… Et les troupeaux dolents, menés d’un instinct sûr, En remontant paissaient les noirs méandres, La touffe rêche où se mêlaient les cendres D’une éruption lointaine obscurcissant l’azur. Graus vierges enlacés aux rias échancrées, Vie emmêlée au grand espace ouvert Sur chaque étoile exquise, et l’univers…. Ô gigantesques flots ! Diramations nacrées …



Poème posté le 08/04/17


 Poète
Salus



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