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Poésie libre / Nausée de l'esprit
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Nausée de l'esprit
par Zitoun


Ils courent. Ils courent vite, à perdre haleine. Ils courent au devant de leur peine. Ils courent tendre le bâton, à des patrons, qui courent eux mêmes vers des actionnaires courant vers l'éternité des matières, l'opulence intarissable, au dépend des ressources vitales. Voyez la merde que l'on voit danser le long des golfs plus très clairs, qui s'amoncelle dans les forêts, les océans, dans les champs, sur le blé qui nous nourrit, qui nourrit nos bêtes bourrées de médicaments pour qu'elles soient vite mangeables avant même qu'on ait pu les aimer... Nous ne sommes plus de simples hommes qui remuent la terre pour engendrer la vie, la belle, la pure. Nous sommes des insectes dans un vivarium. Trop nombreux. La liberté et l'oxygène se raréfient. Alors nous nous agitons, nous paniquons, les mouvements n'ont plus de sens. L'instinct nous pousse à nous battre, nous rendant responsables les uns les autres de notre tragique destin. Nous tuons des individus, des idées, nous tuons des enfants pour être bien habillés de l'autre côté de la planète, puis nous copulons pour pulluler et ça pollue tout en croyant sauver l'espèce. Dans cette danse macabre, ce ne sont pas les plus forts qui dominent. Ce ne sont pas les plus intelligents qui gagnent. Mais ce sont toujours les plus méchants qui piquent et les plus lucides qui pleurent. On a chacun notre rôle dans la fourmilière. On a des objectifs. On a même un supérieur dont les objectifs sont que nous atteignions nos objectifs. Seul le jugement de nos qualités n'est pas objectif. On t'humilie, on te presse, on t'accule pour rester poli, on t'encourage à toujours en faire plus mais jamais on ne te congratule. La récompense de tes efforts? Tu as le droit de consommer toujours plus et de contribuer au désespoir de la conscience collective, de devenir dépendant du confort et de mépriser les valeurs qui pourraient t'ouvrir les yeux sur qui sont les insectes qui te piquent ; Toujours les plus méchants. Les plus méchants ? Toujours les plus peureux. Ils ont peur de manquer. Ils ont peur d'aimer ou qu'on ne les aime pas. Ils ont peur d'être illégitimes. Alors ils construisent des empires et ils achètent tout, colonisent tout, vampirisent tout. Ils pissent sans vergogne sur toute la poésie de la terre. Le monde est une femme malade en soin palliatif. L'argent, les loisirs, les émissions de cuisine, youtube, le football etc... sont des dérivés de morphine. Elle refuse de souffrir mais se laisse mourir car elle sait qu'elle ne donnera plus rien de bon. Les métastases ont atteint son utérus. La chatte du monde est pourrie. Et je ne vois pas quelle queue céleste voudrait bien l'inséminer. Chaque nouvelle couche est une tumeur cancéreuse rongée par la peur qui voudra coût que coût tout manger avant son propre frère. Il faudra qu'elle s'empresse d'apprendre, qu'elle s'empresse de travailler, qu'elle s'empresse de consommer, qu'elle court. Qu'elle court vite, à perdre haleine. Qu'elle court au devant de sa peine. Qu'elle court tendre le bâton, à son patron...



Poème posté le 15/05/17


 Poète
Zitoun



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