Sans les socques
Au seul rayon qu'un soleil pousse
Entre deux orages, glissons-
Nous promptement, puis comme en douce,
Dans l'élan de nos déraisons,
En évitant grêle et glaçons,
Posons le pied nu dans la mousse.
Enfonçons-y bien chaque orteil ;
Laissons le flux nous mouler l'âme,
Par ce froid aux douceurs pareil
A la neige des pleurs de femme,
Flocons-fleurs d'un épithalame :
Un frisson plein de sang vermeil !
Ce tapis trempé qui déborde
En hiver des odeurs d'humus,
Sec en été, paraît être orde
Mais recèle, ainsi qu'un ficus,
L'eau qui préserve de Phœbus
Et son feu, qu'une ombre déporte.
Transi par le fluide exsudé,
Imprimons plus loin dans la plante
La nôtre ! et ce pas, imputé
A la recherche équipollente
De l'autre antérieur qui s'implante
Au lichen humide goûté
Par le pur dénuement pédestre
Qu'en ces lieux, nous observerons.
- Tandis que le sabot séquestre
Les ressentis, pointus ou ronds,
Dus aux immédiats environs !
(Les sabots ? Mais non, rien d'équestre !)