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  •  Accent [divers]
    Définition :
    1. L'accent est une modulation de la voix qui peut s'élever ou s'abaisser sur certaines syllabes.
    (Il est souvent propre aux habitants d'une région, d'un pays).

    2. Signe employé dans l'écriture pour indiquer qu'une lettre doit être prononcée autrement ou pour la distinguer grammaticalement.

    3. En poésie, l’accent tonique est toujours placé sur la dernière syllabe prononcée (l’avant-dernière si la dernière est un « e » muet), le vers français étant « syllabique ».

    Exemple(s) :
    1. "Cet homme à l'accent du SUD"

    2. - l’accent aigu qui porte uniquement sur le e (é) ;
    - l’accent grave qui porte sur le e, le a et le u (à, è, ù) ;
    - l’accent circonflexe qui porte sur toutes les voyelles, sauf le y (â, ê, î, ô, û).

    3. "J’ai longtemps habi sous de vastes portiqu(es)"
    (Baudelaire, « La Vie antérieure »)
  •  Accumulation [figure]
    Définition :
    L'accumulation est une figure de style qui consiste à réunir dans une même phrase, un grand nombre d'informations, de termes.
    Son but est de créer un effet d'amplification pour donner plus de force à une idée.

    Exemple(s) :
    Et dehors, blanc d'écume,
    Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume,
    Le sinistre océan jette son noir sanglot.

    ("Les pauvres gens", Victor HUGO)
  •  Acrostiche [forme]
    Définition :
    Un acrostiche est un poème dont les premières lettres de chaque vers du poème forment un nouveau mot, un message particulier...

    Exemple(s) :
    Guillaume se prend de passion pour la sœur de son ami Ferdinand Molina da Silva : LINDA.

    L’ombre de la très douce est évoquée ici
    Indolente et jouant un air dolent aussi :
    Nocturne ou lied mineur qui fait pâmer son âme
    Dans l’ombre où ses longs doigts font mourir une gamme
    Au piano qui geint comme une pauvre femme.

    (Guillaume Apollinaire, in "Il y a", Albert Messein, 1925)
  •  Adynaton [figure]
    Définition :
    Une hyperbole poussée à l'extrême est appelée adynaton.

    Exemple(s) :
    "Tu ne le croirois pas, peut-être; depuis un mois que je suis ici, je n'y ai encore vu marcher personne. Il n'y a point de gens au monde qui tirent mieux parti de leur machine que les François; ils courent, ils volent."

    Montesquieu (Lettres persanes, lettre XXIV de Rica à Ibben)
  •  Alexandrin [vers]
    Définition :
    L'alexandrin est un vers de 12 syllabes qui tire son nom du Roman d'Alexandre, un poème du XIIe siècle.

    Outre sa longueur moyenne (assez court pour être prononcé d'un seul souffle, assez long pour contenir une phrase complète) l'alexandrin présente l'avantage d'être divisible par 2, par 3, par 4 et par 6, et sa moitié encore par 2 et par 3.
    Il permet donc une grande variété de rythmes.

    La symétrie étant de règle dans la poésie classique, les vers comportent souvent une pause en leur milieu : c'est ce qu'on appelle la césure qui coupe le vers en deux parties égales nommées hémistiches.

    Jusqu'à l'époque romantique, la césure ne devait jamais se trouver au milieu d'un mot, ni sur un e muet.
    C'est Victor Hugo qui a affaibli la césure, préférant des alexandrins répartis en en 3x4 syllabes.

    Exemple(s) :
    "Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères"
    (Baudelaire, La Mort des Amants)

    "J'ai disloqué ce grand niais d'alexandrin"
    (Victor Hugo, Les Contemplations)
  •  Allégorie [figure]
    Définition :
    L’allégorie est une figure de style qui consiste à concrétiser une notion abstraite par une sorte de discours détaillée de l’idée sous un sens littéral, par l’utilisation d’une métaphore continue, d’une personnification (un sens figuré).

    Exemple(s) :
    Voici une allégorie célèbre de la mort.
    "Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ.
    Elle allait à grands pas, moissonnant et fauchant,
    Noir squelette, laissant passer le crépuscule
    "
    (Victor Hugo - Mors)
  •  Allitération [figure]
    Définition :
    L'allitération est une figure de style fondée sur la répétition de consonnes produisant des sons identiques ou proches.

    Exemple(s) :
    Le cas le plus célèbre d'allitération se trouve chez Racine:
    "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes"

    Rimbaud manie avec virtuosité cette technique
    dans "Chercheuses de poux " avec, comme Racine, des allitérations en "s".

    [...]
    Il écoute chanter leurs haleines craintives
    Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés,
    Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives
    Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

    Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
    Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
    Font crépiter parmi ses grises indolences
    Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

    Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
    Soupir d'harmonica qui pourrait délirer ;
    L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
    Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.


    Lorsque tous les mots d'une phrase ou d'un vers commencent par la même consonne, on parle de vers ou de phrase tautogramme.

  •  Alternance [rime]
    Définition :
    Présente dès la fin du XIIe, l’alternance est, dans toutes les formes classiques ou traditionnelles de la poésie, une règle élémentaire qui s’applique aux rimes féminines et masculines, fussent-elles plates ou suivies, croisées ou alternées, embrassées ou sous une forme fixe, son but étant l’harmonie du texte rimé.
    La poésie moderne s’affranchit de cette stricte alternance en l’ignorant ou en pratiquant la rime approximative s’ouvrant sur l’alternance de rimes vocaliques et consonantiques.

    Exemple(s) :
    1. «  Qui dira ma robe fourrée (féminine)
    De la belle pluie dorée (féminine)
    Qui Daphnes enclose ébranla : (masculine)
    Je ne sais rien moins que cela. » (masculine)

    (Pernette du Guillet, Rymes)

    2. « Pauvres filles de Sion, (masculine)
    Vos liesses sont passées ; (féminine)
    La commune affliction (masculine)
    Les a toutes effacées. » (féminine)

    (Robert Garnier, Les Juives, Acte IV, Le chœur)

    3. « Mes esprits éperdus frissonnent de terreur, (masculine)
    Et, ne voyant salut que par la pénitence, (féminine)
    Mon cœur, comme mes yeux, s’ouvre à la repentance, (féminine)
    Et me hait tellement que je m’en fais horreur. » (masculine)

    (Mathurin Régnier, Ô Dieu, si mes péchés irritent ta fureur)

    4. « La reine Blanche comme un lis (masculine)
    Qui chantait à voix de sirène, (féminine)
    Berthe au grand pied, Biétris, Alis, (masculine)
    Haramburgis qui tint le Maine (féminine)
    Et Jeanne, la bonne Lorraine, (féminine)
    Qu’Anglais brûlèrent à Rouen ; (masculine)
    Où sont-ils, Vierge souveraine ? (féminine)
    Mais où sont les neiges d’antan ? » (masculine)

    (François Villon, Ballade des dames du temps jadis)

    5. « Adieu vergers, les caveaux et les planches (féminine)
    Et sur l’étang notre bateau voilier (masculine)
    Notre servante avec sa coiffe blanche (féminine)
    Adieu vergers. » (masculine)

    (Max Jacob, Le laboratoire central, Le départ)

    6. « Dans la Haute-Rue à Cologne (féminine)
    Elle allait et venait le soir (masculine)
    Offerte à tous en tout mignonne (féminine)
    Puis buvait lasse des trottoirs (masculine)
    Très tard dans les brasseries borgnes » (féminine)

    (Guillaume Apollinaire, Alcools, Marizibill)
  •  Amphigouri [figure]
    Définition :
    Discours burlesque , rempli de galimatias, c'est à dire embrouillé, confus, obscur.
    Discours dépourvu d'ordre et de sens.

    Exemple(s) :
    Amphigouri de Jean-Joseph Vadé

    Dom Pibrac,
    Dans un lac
    Près du Gange,
    Faisait raper du tabac
    Pour gonfler l'estomac
    Du pauvre Michelange.
    Quand S. Roc
    Sur un roc
    Vit Euterpe,
    Qui pour s'amuser beaucoup
    Faisait des vers à coup
    De serpe.
    Plus loin était Calliope
    Qui lisait le Misanthrope ;
    Mais Santeuil
    D'un cercueil
    S'enveloppe.
    Crainte que Jacques Clément
    Ne sût l'enlèvement
    D'Europe.
    Si Noé
    Fut noué,
    C'est sa faute.
    Que n'allait-il à Chaillot
    Se fair' mettre en maillot
    Par la tante de Plaute.
    Au Japon
    Le jupon
    D'Artémise
    Sert aux Grands Seigneurs Persans
    Quand à None ils vont sans
    Chemise.
  •  Anacoluthe [figure]
    Définition :
    "Phrase rompue où une construction amorcée est abandonnée et remplacée par une autre" (Petit Robert)
    "Tournure dans laquelle commençant par une construction, on finit par une autre." (Littré)

    Exemple(s) :
    Ex. 1 :"Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, la face du monde en eût été changée." (pour : si le nez de C. eût été plus court, la face du monde...)
    Ex. 2 :"Sitôt sortis de Sousse, le vent commença à souffler" (A. Gide) (pour :Sitôt que nous fûmes sortis de Sousse, le vent...).
    NB : Courante chez les Classiques, l'anacoluthe "involontaire" est purement et simplement fautive ("Rentré chez lui, sa femme était malade", pour : quand il rentra chez lui, (il vit que) sa femme était malade.
  •  Anacréontique [forme]
    Définition :
    La poésie anacréontique trouve son origine, par sa manière ou son ton, dans l’œuvre d’Anacréon, l’un des plus grands poètes lyriques de la Grèce antique.
    Du point de vue métrique, l’écriture doit se référer à un style léger, l’ode anacréontique, moyen d’expression particulièrement prisé, se caractérisant, en principe, par un nombre restreint de strophes, sans caractère fixe, aux vers simples dont les mètres n’atteignent le décasyllabe.
    Sur le plan thématique, on aborde, comme celui qu’on surnomma « Le chantre de Téos » ou « Le vieillard de Téos » et qui consacra surtout ses vers aux plaisirs doux, badins, décents de l’amour et du banquet, une philosophie où la vie se conjugue en choses faciles, agréables, naïves, tendres, au rendez-vous voluptés légères au caractère éphémère, érotisme maniéré, mythologie gracieuse, le ressenti l’emportant sur le vécu dans l’expression artistique.
    Adeptes de ce genre, dont ils ont cherché à imiter l’insouciante gaieté des poèmes, figurent, la liste loin d’être exhaustive, le Grec Marulle, les Latins Catulle, Horace, Tibulle, Laurent de Médicis et les Français Henri Estienne (Odes d’Anacréon), Rémy Belleau, Clément Marot, Joachim du Bellay, Ronsard, l’abbé de Chaulieu, le chevalier de Parny (Poésies érotiques), Bertin, Gentil-Bernard (Art d’aimer), André Chénier (Bucoliques), Leconte de Lisle (Odes anacréontiques).

    Exemple(s) :
    L’Amour papillon (Ode anacréontique)

    Jupiter, outré de colère
    D’être blessé par Cupidon,
    D’un regard lancé sur Cythère
    Changea son fils en papillon.

    D’abord en ailes azurées
    On vit diminuer ses bras ;
    Ses dards, en des pattes dorées ;
    Il veut se plaindre et ne peut pas.

    L’arc à la main, ce dieu perfide
    Ne vole plus après les cœurs ;
    Mais, toujours le plaisir pour guide,
    Il vole encor de fleurs en fleurs.

    Enfin, touché de sa disgrâce,
    Jupin lui dit : Consolez-vous,
    Amour ; j’excuse votre audace,
    Ne méritez plus mon courroux.

    Il change : ses flèches cruelles
    Reprennent leur premier état ;
    Mais il conserve encor des ailes
    Pour marque de son attentat.

    Depuis, l’Amour, aussi volage
    Que le papillon inconstant,
    En un instant brûle et s’engage,
    Et se dégage en un instant.

    François Joachim de Pierres, cardinal de Bernis (1715-1794).

  •  Anadiplose [figure]
    Définition :
    Reprise en début de phrase d’un syntagme (un ou plusieurs mots qui se suivent) de la phrase qui précède.

    Exemple(s) :
    - "Pour moi, c’est un malheur. Un malheur, tout le monde sait ce que c'est."

    Lorsque ce procédé est répété plusieurs fois, on parle de concaténation.

    Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
    Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
    Etdes vagues rochers que des marées dépassent
    Et qui ont à jamais le coeur à marée basse."

    Jacques Brel (Le plat pays)
  •  Analogie [figure]
    Définition :
    Nom féminin
    Rapport de ressemblance partielle et non essentielle entre deux choses.
    La métaphore et la comparaison sont des figures de styles de type analogique.

    Exemple(s) :
    Dans l'analogie, la chose A est dans le même rapport à une chose B, qu'une chose C est en rapport avec une chose D. Ainsi A B C D sont des choses différentes, mais les rapports sont identiques. "Les marguerites (A) sont au pré (B) ce que les étoiles (C) sont au ciel (D)". "La poussière de ciment est au mur de béton ce que les atomes sont aux objets solides." (Ainsi naquit par analogie chez les anciens Grecs l'idée d' "atome".) L'analogie est le plus puissant moyen dont dispose l'esprit pour raisonner sur l'inconnu.
  •  Anaphore [figure]
    Définition :
    (du grec ana signifiant encore et de phero pour apporter) : L'anaphore est une figure de style qui consiste en la répétition d'un même mot ou d'un même groupe de mots en tête des phrases.
    C'est une figure de style à valeur d'insistance, de symétrie. Elle sert à renforcer un propos.

    Exemple(s) :
    - "Rome ! l'unique objet de mon ressentiment !
    Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
    Rome qui t'as vu naître, et que ton cœur adore !
    Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !" (Corneille)

    - "Paris brisé. Paris martyrisé. Mais Paris libéré." (De Gaulle)
  •  Anastrophe [figure]
    Définition :
    Renversement de l'ordre habituel des mots à l'intérieur d'un groupe.

    Exemple(s) :
    Ex."Sa vie durant..." (pour : durant sa vie) - Plus encore (pour : encore plus)
  •  Annomination [figure]
    Définition :
    L’annomination est une figure de style fondée sur la répétition d’un mot pris à la fois dans son sens littéral et dans son sens figuré ou sur l’emploi de mots différents dont le radical est commun. En art poétique, elle apporte généralement, par la puissance évocatrice d’un effet d’assonance, la possibilité soit de mise en valeur d’une idée soit d’un jeu de mots.

    Exemple(s) :
    1. « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon église. » (Évangile selon Mathieu).
    « Ah ! Qu’il est malin le Malin » (Paul Valéry, Mon Faust, 1946).
    2. Tirés du recueil Alcools de Guillaume Apollinaire :
    a) Dans Le Pont Mirabeau : emploi des mots « passe », « passent », « passent », « passé » ;
    b) Dans À la Santé : emploi des mots « passent », « passe », « passera », « passent » ;
    c) Dans Cortège : emploi des mots « passaient », « passait », « passés », « Trépassés », « passant », « passâtes », « passé » ;
    d) Dans Zone :
    emploi des mots « ancien », « anciennes », « antiquité », « antique » ;
    deux vers consécutifs sont particulièrement évocateurs :
    « Ils crient s’il sait voler qu’on l’appelle voleur
    Les anges voltigent autour du joli voltigeur »
    e) Dans Le Brasier :
    à noter également un vers évocateur :
    « Puis le soleil revint ensoleiller les places »
  •  Antanaclase [figure]
    Définition :
    Répétition d'un mot ayant plusieurs sens différents.

    Exemple(s) :
    Ex. "Je suis contre les femmes, tout contre." (S. GUITRY) Rem. Guitry joue sur la polysémie de contre, qui signifie "opposé à" et "tout près".

    NB. Lorsque la seconde occurence du mot revêt un sens plus vif, plus marqué que la première, l'antanaclase se nomme diaphore. Ex. "Il faut laisser le temps au temps" (F. MITTERRAND). Le premier "temps" signifie un simple délai, le second se réfère au Temps qui passe (sens plus général et quasi mythique).
  •  Antépiphore [figure]
    Définition :
    On parle d'antépiphore lorsqu'un même mot ou un groupe de mots est répété en début et en fin de phrase, ou qu'un même vers commence et termine une strophe.

    Exemple(s) :
    "Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
    Peut-on déchirer des ténèbres
    Plus denses que la poix, sans matin et sans soir
    Sans astres, sans éclairs funèbres ?
    Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?"

    Charles Baudelaire "Irréparable" in Les Fleurs du mal
  •  Antiphrase [figure]
    Définition :
    (Nom féminin)
    L'antiphrase est une figure de style qui consiste à dire, écrire le contraire de ce que l'on pense.
    Ceci peut se faire par un souci stylistique, par ironie, euphémisme ou pour soumettre à un tabou.

    Exemple(s) :
    Dans cet ordre d'idée, la phrase exclamative : "C'est gai !" peut exprimer le regret ou le dépit.

    Tout comme, utilisant l'antiphrase, BOILEAU dans un ton ironique écrivait ceci à l'endroit de QUINAULT : "Quinault est un Virgile". (in Satire III)
  •  Antistrophe [strophe]
    Définition :
    À l’origine, dans la poésie chorale lyrique de la Grèce antique, formée de couplets, l’antistrophe était la seconde stance identique, quant au nombre de vers, à leur mesure et à la combinaison des rimes, à la première, nommée strophe.
    Dans les épinicies ou odes triomphales pindariques, par exemple, on observe des triades comprenant, en plus de la strophe et de l’antistrophe, une épode dont la structure est différente des deux stances antérieures.

    Exemple(s) :
    Odes
    (Première triade à la manière de l’ode héroïque, triomphale ou pindarique)

    STROPHE PREMIÈRE
    (13 vers selon la structure 8m/12f/8m/8f/12m’/12m’/12f’/8f’/12m’’/8f’’/12f’’/12m’’/8f’’)

    « O mon esprit ! au sein des cieux,
    Loin de tes noirs chagrins, une ardente allégresse
    [...] »

    ANTISTROPHE PREMIÈRE
    (13 vers avec la même structure en mètres que la strophe mais avec des rimes différentes respectant la même alternance)

    « Tu crois, d’un éternel flambeau
    Éclairant les forfaits d’une horde ennemie,
    [...] »

    ÉPODE PREMIÈRE
    (9 vers selon la structure 8m’’’/12f’’’/8m’’’/12f’’’/8f’’’/12m’’’’/12f’’’’/8f’’’’/12m’’’’)

    « Vain espoir ! inutile soin !
    Ramper est des humains l’ambition commune ;
    [...] »

    André Chénier

  •  Antithèse [figure]
    Définition :
    (Nom féminin)
    L'antithèse est une figure de style qui consiste à rapprocher des pensées, des expressions, des mots ou groupes de mots exprimant des idées opposées.

    Exemple(s) :
    "Je sentis tout mon corps et transir et brûler."
    (Jean Racine in Phèdre)
  •  Antonomase [figure]
    Définition :
    Figure qui consiste à "prendre un nom commun pour un nom propre, ou un nom propre pour un nom commun" (Littré)

    Exemple(s) :
    Noms propres devenus communs :
    - Un harpagon , du nom d'un personnage de l'Avare de Molière
    - Une poubelle, M. Poubelle fut préfet de la Seine
    - Un kir, du nom de son créateur le chanoine Kir
    - Un bordeau,vient du nom du lieu de fabrication.

    Noms communs devenus noms propres :
    (ils prennent alors une majuscule)
    - The King (Elvis Presley)
    - Le Florentin (Lulli puis Miterrand)
    - Le Petit Caporal (Napoléon 1er)
  •  Aphérèse [figure]
    Définition :
    Effacement d'un phonème, d'un graphème ou d'un groupe syllabique en début de mot.

    Exemple(s) :
    Bus pour autobus
    Ricain pour américain
    Zonzon pour prison (Il y a ici un doublement de la syllabe)
    Manu pour Emmanuel
    (Dans ce dernier exemple, il y a à la fois, aphérèse et apocope.)
  •  Apocope [figure]
    Définition :
    n. f. Suppression d'une ou de plusieurs syllabes à la fin d'un mot:

    Exemple(s) :
    On fait une apocope si on dit :"télé" pour télévision,"métro" pour "métropolitain", cinéma » ou « ciné » pour « cinématographe » etc.
  •  Approximative [rime]
    Définition :
    Ayant pris son essor avec les poètes modernes, dès l’apparition du symbolisme, la rime approximative, dite aussi rime imparfaite, s’affranchit des règles classiques en permettant qu’on fasse rimer :
    - le singulier avec le pluriel ;
    - la terminaison masculine avec la terminaison féminine ;
    - la rime consonantique se terminant par une consonne phonique avec la rime vocalique se terminant par une voyelle phonique.

    Exemple(s) :
    1. Les deux premiers cas cohabitent dans ce quatrain :
    « Debout chantez plus haut en dansant une ronde
    Que je n’entende plus le chant du batelier
    Et mettez près de moi toutes les filles blondes
    Au regard immobile aux nattes repliées. »
    (Guillaume Apollinaire, Nuit rhénane)

    2. Dans le recueil Derniers vers :
    « Le monde est vicieux ;
    Si cela t’étonne !
    Vis et laisse au feu
    L’obscure infortune.»
    (Arthur Rimbaud, Âge d’or)

  •  Assonance [figure]
    Définition :
    L'assonance est une figure de style fondée sur la répétition d'un son "voyelle" dans un ou plusieurs vers.

    Opposée à l'allitération qui est cette fois une répétition d'un son "consonne"

    Exemple(s) :
    (faire écho) répétition à la fin de deux ou plusieurs vers de la même voyelle accentuée (sombre, tondre peintre, ceintre, âme, âge).
  •  Asyndète [figure]
    Définition :
    Nom féminin
    L'asyndète est une figure de style qui consiste à supprimer les conjonctions, mots de liaison, adverbes au sein d'une même phrase.

    Exemple(s) :
    "Français, Anglais, Lorrains, que la fureur rassemble, avançaient, combattaient, frappaient, mouraient ensemble".
    (Voltaire in La Henriade)
  •  Bout-rimé [jeux]
    Définition :
    (nom masculin)
    Rimes imposées à un poète pour être employées dans des vers à faire sur un sujet donné ou libre.

    Exemple(s) :
    On avait donné à Fontenelle les mots fontanges, collier, oranges, souliers. Il les utilisa avec une courtoise habileté :

    À UNE JOLIE FEMME
    Que vous montrez d’appas depuis vos deux fontanges
    Jusqu’à votre collier !
    Mais que vous cachez depuis vos deux oranges
    Jusqu’à votre soulier.
  •  Cadavre exquis [jeux]
    Définition :
    Le cadavre exquis est un procédé par lequel plusieurs auteurs créent une phrase, un vers, sans se concerter, en respectant une structure grammaticale définie au préalable (le plus souvent, sujet + verbe + complément) et en attribuant à chacun une de ces parties. L’auteur qui écrit n’a pas connaissance des messages de ses pairs. Ce jeu est l’invention des surréalistes (en 1925) tels que M. Duhamel, A. Breton, Max Ernst.

    Exemple(s) :
    Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau. : première production qui donna son nom au jeu.
    Princesse - déglutira - une petite mirabelle - gaiement. A. Breton in Recueil pour un prélude
  •  Calembour [jeux]
    Définition :
    Jeu de mots qui repose sur une approximation du sens et du son et défini comme une “équivoque phonétique”.

    Exemple(s) :
    Jean Cocteau en a donné divers exemples savoureux, dont celui-ci :

    Il meurt pour s’endormir sous le soleil des fièvres
    Et se réveille mort…
    Chercheuses d’or mettez votre doigt sur vos lèvres :
    Halte ! Le chercheur dort.
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