Accueil
Dictionnaire / Tous les mots
Découvrez les définitions du vocabulaire poétique.
Vous pouvez afficher les définitions en les triant : soit au hasard, soit par catégorie ou tout simplement faire une recherche alphabétique.

Pour faire apparaitre sa définition, il suffit de cliquer sur le mot corresponant.
Pour améliorer le dictionnaire, vous pouvez proposer un nouveau mot, ou rédiger une définition .
Proposer un mot à définir    Définir un mot

2 sur 3

  •  Bergerette [forme]
    Définition :
    Poème en vogue au XVe siècle, la bergerette, célébrant des thèmes pastoraux liés à l’arrivée du printemps ou au jour de Pâques, s’est développée sous trois formes fixes : la grande bergerette qui comporte cinq strophes qui sont des sizains, la troisième et la dernière étant la répétition de la première jouant le rôle de refrain ; la moyenne bergerette qui est composée de quatrains ; la petite bergerette qui s’apparente au rondeau.

    Exemple(s) :
    1. Ah ! que je me sens guillerette !
    Que je me suis levée à l’aise !
    N’en déplaise
    Aux saints curés du diocèse,
    Une braise
    Brûle ma gorge de fillette.

    Car j’ai rêvé sous l’églantine
    – Fi donc, Colin ! Qu’en contrebande
    Par la lande
    Tu me faisais plus d’une offrande
    Trop gourmande
    Pour ma bouche trop enfantine.

    REFRAIN

    Je le jure, par ma houlette :
    Tu l’auras, ce panier de fraise.
    Viens, apaise
    Cette grand faim, cette fournaise
    Et me baise
    Emni la luzerne douillette !...

    REFRAIN

    (Auteur inconnu)

    2. J’épouserais un œillet blanc
    Si j’étais une pâquerette.
    Or donc que je suis une bergerette,
    Je veux un prince pour amant.

    De Pierrot, le gros chevrier,
    Mon cœur ne veut être captif.
    J’ai l’œil trop pur, le pied trop vif ;
    Je bas à courre un lévrier !

    REFRAIN

    Comment admettre d’un manant
    Qu’il abîme ma collerette ?
    Qui donc me contera fleurette
    Il faut qu’il soit d’un autre sang !

    REFRAIN

    (Auteur inconnu)

    3. Le marquis :
    – [Ce petit mot], si tu le dis,
    S’il fleurit tes lèvres, Laurence,
    Aussitôt tous les champs de France
    Fleuriront comme en paradis.

    La bergère :

    – Vous donnerez or et trésors
    Sans obtenir mon abandon...
    J’en aurais vingt ans de remords,
    Seigneur, à quoi donc rimerait donc
    [Ce petit mot ?]

    Le marquis :
    – Il rime avec les beaux oublis...
    Mais j’aime mieux, dans le silence,
    Lire au fond de ton innocence
    O Bergère, et dans ton souris,
    [Ce petit mot.]

    (Auteur inconnu)


  •  Blason [forme]
    Définition :
    Plutôt genre que forme, le blason, en vogue au XVIe siècle, est un poème généralement court, à rimes plates, les vers octosyllabiques ou, à la rigueur, décasyllabiques.
    Il fait soit l’éloge soit la satire d’un être ou d’un objet, les deux discours antonymiques se traduisant souvent par un blason suivi d’un contre blason symétrique.
    Paul Éluard a adopté ce genre dans « Blason des fleurs et des fruits ».

    Exemple(s) :
    Confrontation entre le « beau tétin » et le « laid tétin » :

    Tétin qui fais honte à la rose,
    Tétin plus beau que nulle chose ;
    Tétin dur, non pas tétin, voire
    Mais petite boule d’ivoire,
    Au milieu duquel est assise
    Une fraise, ou une cerise.

    Tétin au grand vilain bout noir
    Comme celui d’un entonnoir ;
    Tétin qui brimballe à tous coups
    Sans être ébranlé ni secous,
    Bien se peut vanter qui te tâte
    D’avoir mis la main à la pâte !

    Clément Marot
  •  Bout-rimé [jeux]
    Définition :
    (nom masculin)
    Rimes imposées à un poète pour être employées dans des vers à faire sur un sujet donné ou libre.

    Exemple(s) :
    On avait donné à Fontenelle les mots fontanges, collier, oranges, souliers. Il les utilisa avec une courtoise habileté :

    À UNE JOLIE FEMME
    Que vous montrez d’appas depuis vos deux fontanges
    Jusqu’à votre collier !
    Mais que vous cachez depuis vos deux oranges
    Jusqu’à votre soulier.
  •  Cadavre exquis [jeux]
    Définition :
    Le cadavre exquis est un procédé par lequel plusieurs auteurs créent une phrase, un vers, sans se concerter, en respectant une structure grammaticale définie au préalable (le plus souvent, sujet + verbe + complément) et en attribuant à chacun une de ces parties. L’auteur qui écrit n’a pas connaissance des messages de ses pairs. Ce jeu est l’invention des surréalistes (en 1925) tels que M. Duhamel, A. Breton, Max Ernst.

    Exemple(s) :
    Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau. : première production qui donna son nom au jeu.
    Princesse - déglutira - une petite mirabelle - gaiement. A. Breton in Recueil pour un prélude
  •  Calembour [jeux]
    Définition :
    Jeu de mots qui repose sur une approximation du sens et du son et défini comme une “équivoque phonétique”.

    Exemple(s) :
    Jean Cocteau en a donné divers exemples savoureux, dont celui-ci :

    Il meurt pour s’endormir sous le soleil des fièvres
    Et se réveille mort…
    Chercheuses d’or mettez votre doigt sur vos lèvres :
    Halte ! Le chercheur dort.
  •  Calligramme [jeux]
    Définition :
    Un calligramme est un poème dont le texte forme un dessin en relation avec ses idées. La relation peut être en adéquation, en opposition, ou en complémentarité avec le sujet. Cela permet à l’auteur de proposer une lecture particulière de son écrit en y ajoutant une communication visuelle.

    Exemple(s) :
    “Coeur couronne et miroir” par Guillaume Apollinaire
  •  Césure [vers]
    Définition :
    C’est la coupe principale à l’intérieur d’un vers. C’est dans l’alexandrin classique que la césure est la plus nette. Elle partage le vers en deux hémistiches de 6 syllabes. Les vers de une à sept syllabes n’ont pas de césure fixe. Ils sont dits d’une seule émission de voix, sans arrêt dans la diction. On attend une césure dans le vers à partir de la mesure de l’octosyllabe. La césure est marquée, dans un vers, par //

    Exemple(s) :
    N’offrez rien au lecteur // que ce qui peut lui plaire.
    Ayez pour la cadenc(e)// une oreille sévère ;
    Que toujours, dans vos vers, // le sens, coupant les mots,
    Suspende l’hémistich(e), // en marque le repos.

    (BOILEAU - Chant 1 - L’ART POÉTIQUE)
  •  Chanson (de geste) [forme]
    Définition :
    Les "chansons de geste" constituent les premiers poèmes de notre littérature (à partir du XIe siècle). Ici le mot geste est féminin et désigne un ensemble de poèmes épiques.

    Ces poèmes sont écrits le plus souvent en décasyllabes, parfois en octosyllabes. Mais on en trouve déjà en alexandrins.
    Les vers sont regroupés en strophes assonancées, appelées à l'époque des "laisses".
    Le nombre de vers d'une laisse n'est pas fixe, aucune longueur n'est imposée.
    "La Chanson de Roland" présentait 4000 vers.
    Chaque épopée a un point de départ historique, mais l’œuvre poétique est largement postérieure aux évènements : les héros des poèmes ont vécu entre le VIIIe et le Xe siècle ; les chansons de gestes ont été écrites au XIe, XIIe et XIIIe siècles. C'est à cette époque que les chansons de gestes furent chantées de château en château par des musiciens : mi-chantant, mi-déclamant, suscitant l'admiration des seigneurs de l'époque.
    Il faut admettre que seul l'intérêt pour nous de ces chansons de geste est historique. La langue, les mœurs, les coutumes de ces textes nous sont trop étrangers.

    Exemple(s) :
    La Chanson de Roland (fin du XIe -début du XIIe siècle) raconte le retour d'Espagne de l'armée française, l'embuscade tendue à Roland le 15 août 778, son amitié avec Olivier, sa mort glorieuse vengée par Charlemagne.

    Extrait :
    CARLES li reis, nostre emperere magnes,
    Set anz tuz pleins ad estet en Espaigne :
    Tresqu’en la mer cunquist la tere altaigne.
    N’i ad castel ki devant lui remaigne ;
    5Mur ne citet n’i est remés a fraindre,
    Fors Sarraguce, ki est en une muntaigne.
    Li reis Marsilie la tient, ki Deu nen aimet.
    Mahumet sert e Apollin recleimet :
    Nes poet guarder que mals ne l’i ateignet. […]


    Traduction :
    LE roi Charles, notre empereur, le Grand,
    Sept ans tout pleins est resté dans l’Espagne :
    jusqu’à la mer il a conquis la terre hautaine.
    Plus un château qui devant lui résiste,
    plus une muraille à forcer, plus une cité,
    hormis Saragosse, qui est dans une montagne.
    Le roi Marsile la tient, qui n’aime pas Dieu.
    C’est Mahomet qu’il sert, Apollin qu’il prie.
    Il ne peut pas s’en garder : le malheur l’atteindra. […]


  •  Charade [jeux]
    Définition :
    La charade est un jeu en forme d'énigmes successives qui vise à faire découvrir un mot en soumettant chacune de ses syllabes à la perspicacité du questionné, par de petites devinettes sous formes de définitions. Les charades sont parfois en vers et constituent un petit poème.

    Exemple(s) :
    J'ai l'honneur d'être mon premier ;
    Mon second, en sa fleur, brille sur vous, Adèle,
    Souffrez que ma muse fidèle
    Ose vous offrir son entier.

    (Homme-âge)

    Victor HUGO.
    ___________________

    Mon second est toujours produit par mon premier,
    Qui fait le prix de mon entier.

    (Chan-son)

    Victor HUGO
    ___________________
  •  Chiasme [figure]
    Définition :
    Le chiasme (substantif masculin), du grec χιασμός : khiasmós ("disposition en croix, croisement") provenant de la lettre grecque khi ("X") en forme de croix (prononcer /kjasm/ « kyasm »), est une figure de style qui consiste en un croisement d'éléments dans une phrase ou dans un ensemble de phrases.

    Il se construit souvent sur le modèle BA/AB. (Dans lequel A peut-être un nom et B un adjectif.)

    Le chiasme a pour effet de donner du rythme à une phrase ou d'établir des parallèles. Il peut aussi souligner l'union de deux réalités ou renforcer une antithèse.


    Exemple(s) :
    "Ayant le feu pour père, et pour mère la cendre." (Agrippa d'Aubigné)

    "La neige fait au nord ce qu'au sud fait le sable." (Victor Hugo)

    "Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger." (Molière)

    "Les désespoirs sont morts, et mortes les douleurs." (Albert Samain)

    "Absence de preuve n’est preuve d’absence." (axiome scientifique)

    "Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens. Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière." (Victor Hugo)

    "Vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre." (Gandhi)
  •  Comparaison [figure]
    Définition :
    La comparaison est une figure de style qui établit une analogie entre deux termes (le comparé et le comparant), par l’intermédiaire d'un "mot-outil" (L’outil de comparaison). Le plus souvent "comme" est cette charnière entre deux réalités comparées, mais on peut également utiliser : tel, pareil à, similaire à, semblable, de même que, plus que, ainsi que, moins que…
    La comparaison a plusieurs but : mettre en relation deux univers et expliquer par l’image.

    Exemple(s) :
    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
    (Baudelaire - Harmonie du soir)

    Au milieu de ce fracas, rien n'était aussi alarmant qu'un certain murmure sourd, pareil à celui d'un vase qui se remplit.
    (Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe)

    Comme un qui erre aux champs, lors que la nuict au monde
    (Étienne Jodelle - Comme un qui s'est perdu dans la forêt profonde)
  •  Contrepèterie [jeux]
    Définition :
    La contrepèterie n'est pas spécifique à la poésie, où elle est assez peu courante. Mais comme les mots constituent la matière première des poètes, ceux-ci sont tentés par l'utilisation plus ou moins discrète de cet art du contrepet.
    Il s'agit de l'interversion, au sein d'une phrase d'apparence volontairement anodine, de deux lettres, de deux syllabes (ou même de deux mots), de manière à obtenir une autre phrase (généralement gaillarde et drôle).

    Exemple(s) :
    - (G)oûtez-moi cette (f)arce !
    (Pour : "foutez-moi cette garce !")

    - La (c)uvette est pleine de (b)ouillon.
    (Pour : "La buvette est pleine de couillons !")

    - Le Pont-(Neuf) fait soixante (pieds).
    (Pour : "Le pompier fait soixante neuf.")
  •  Décasyllabe [vers]
    Définition :
    Un décasyllabe est un vers de dix syllabes.
    Ce type de vers fut l'un des plus courant de la poésie épique du Moyen-Âge.
    On trouve plusieurs types de découpage du vers, comme le 6-4, le 4-6 ou le 5-5

    Exemple(s) :
    "Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !
    L’air immense ouvre et referme mon livre,
    La vague en poudre ose jaillir des rocs !
    Envolez-vous, pages tout éblouies !
    Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouies
    Ce toit tranquille où picoraient des focs !"
    (Paul Valéry, Le cimetière marin)
  •  Diérèse [vers]
    Définition :
    La diérèse consiste à prononcer deux sons vocaliques (voyelles) en contact en deux syllabes n’en formant habituellement qu’une seule.

    Exemple(s) :
    Li/on
    Vi/o/lon
    Di/é/rèse
  •  Distique [vers]
    Définition :
    Le distique est un groupe de deux vers qui se suivent et riment ensemble en formant un énoncé complet.
    Le distique est apprécié pour sa "densité" et sa force expressive due à l'unité de sens dont il est porteur.

    Exemple(s) :
    - "Tout meurt, l'âme s'enfuit, et reprenant son lieu
    Extatique se pâme au giron de son Dieu".

    Agrippa d'AUBIGNÉ

    ____________________

    - "Mes sens n'ont plus de sens, l'esprit de moi s'envole,
    Le cœur ravi se tait, ma bouche est sans parole".

    Agrippa d'AUBIGNÉ
  •  Disyllabe [vers]
    Définition :
    Le Dissyllabe, encore appelé vers dissyllabiques, est un vers de deux syllabes. Il est rarement employé seul, manquant de naturel.

    Il est surtout employé en "isométrie", le retour très fréquent de la rime et la virtuosité ainsi manifestée concentrent des effets expressifs très forts.

    En "hétérométrie", le dissyllabe est d'un emploi plus fréquent, apportant un contrepoint rythmique au vers avec lequel il est employé.

    Exemple(s) :

    Isométrie :

    On doute
    La nuit...
    J'écoute : -
    Tout fuit,
    Tous passe ;
    L'espace
    Efface
    Le bruit.

    (Victor Hugo : Les Djinns)
    _________________

    Hétérométrie :

    Lune, quel esprit sombre
    Promène au bout d'un fil
    Dans l'ombre,
    Ta face et ton profil ?

    (Alfred de Musset : Ballade à la lune).
  •  Dizain [strophe]
    Définition :
    Le dizain est une strophe de dix vers.

    Exemple(s) :
    Anne, par jeu, me jeta de la neige,
    Que je cuidais froide certainement ;
    Mais c’était feu; l’expérience en ai-je,
    Car embrasé je fus soudainement.
    Puisque le feu loge secrètement
    Dedans la neige, où trouverai-je place
    Pour n’ardre point ? Anne ta seule grâce
    Eteindre peut le feu que je sens bien,
    Non point par eau, par neige, ni par la glace,
    Mais par sentir un feu pareil au mien.

    Clément Marot, Dizain de neige, in L’adolescence Clémentine.
  •  Elision [forme]
    Définition :
    L'élision se pratique devant toutes sortes de mots. C'est la suppression d'une voyelle dans la prononciation et parfois dans la graphie. La voyelle supprimée est remplacée dans l'écriture par une apostrophe.

    En prosodie, il y a en principe élision (et donc annulation dans le décompte des syllabes) de tout "E" intérieur de vers en finale absolue de mot quand le suivant commence par une voyelle.

    L'élision est "indispensable" à la fin du premier hémistiche qui ne peut s'arrêter sur un "E" caduc.

    Exemple(s) :
    Dieux ! que ne suis-j(e) assis(e) à l'ombre des forêts !
    (PHÈDRE)
    ________________

    N'ai perdu ni pèr' ni mère
    Ni aucun de mes parents
  •  Epitaphe [divers]
    Définition :
    Une épitaphe est un court poème composé en l'honneur d'un défunt. Il est censé être inscrit sur le tombeau. Le ton peut être grave et sincèrement ému, tout comme plaisant.

    Exemple(s) :
    Épitaphe de Henri de Régnier composé pour lui-même :

    - "J'ai vécu sans nul pensement,
    Me laissant aller doucement
    À la bonne loi naturelle,
    Et je m'étonne fort pourquoi
    La mort pensa jamais à moi,
    Qui ne pensai jamais à elle."

    Par le trait final joint à la brièveté, l'épitaphe s'apparente alors à l'épigramme.
  •  Figure de style [figure]
    Définition :
    Si les figures de style sont à l'origine de l'ordre de la rhétorique (puisqu’elles étaient utilisées dans l'art du discours pour convaincre son oratoire), elles se sont aussi logiquement imposées dans l'art scriptural.

    Elles consistent en une modification de l'usage conventionnel de la langue par des procédés d'expression visant à imager le propos, l'amplifier, le modérer, etc.

    Exemple(s) :
    Voici une liste non exhaustive de figures de style que vous pourrez retrouver dans le dictionnaire :

    Accumulation, allitération, anaphore, antiphrase, antithèse, assonance, chiasme, comparaison, énumération, euphémisme, gradation, hyperbole, litote, métaphore, métonymie, oxymore, personnification, ...
  •  Hétérométrie [strophe]
    Définition :
    On parle d’hétérométrie lorsque les vers d’une même strophe sont de longueurs différentes.

    Exemple(s) :
    Ex. :
    « C’était dans la nuit brune,
    Sur le clocher jauni,
    La lune,
    Comme un point sur un i. »

    « Ballade à la lune » de Musset
  •  Hyperbole [figure]
    Définition :
    L'hyperbole est une figure de style qui procède par exagération du propos : on délivre une version amplifiée de l'idée pour la mettre en relief.

    Exemple(s) :
    "Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes" (Victor Hugo)


    "Je n'ai rien mangé depuis ce matin, je meurs de faim." (Anonyme)
  •  Lapalissade [figure]
    Définition :
    Nom féminin. Réflexion banale et proche de la niaiserie, qui explique des évidences.

    Exemple(s) :
    C'est Jacques II de Chabannes, seigneur de La Palisse qui en est involontairement à l'origine.

    Ce dernier était un guerrier promu au rang de maréchal de France, tué en 1525 à la bataille d'Italie.
    Ses soldats avaient fait en son honneur une chanson dans laquelle il était précisé qu' "un quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie."

    Cette phrase restée célèbre a été qualifiée de "vérité de La Palisse" (ou lapalissade), terme qui désigne à présent toute affirmation que se limite à une évidence.
  •  Lipogramme [jeux]
    Définition :
    Le lipogramme est une contrainte que l'auteur décide pour son texte : une ou plusieurs lettres déterminées à l'avance, ne doivent pas y figurer.

    Exemple(s) :
    Dans son roman "La Disparition", Georges Perec a décidé que le "e", la voyelle la plus utilisée de la langue française ne figurerait à aucun moment!
    Il a étendu ce procédé aux mots et a proposé de parler de "liponomie" lorsqu'on choisit d'écrire un texte sans employer certains mots.
    Sur ce modèle, "Les contes sans qui ni que" (de Henry de Chenevières)ne comprennent, conformément au défi lancé par le titre, ni "qui" , ni "que".
  •  Litote [figure]
    Définition :
    La litote, chère aux écrivains classiques (XVIIe et XVIIIe s.) dit le moins pour suggérer le plus.

    Exemple(s) :
    "Va, je ne te hais point" (Voulant signifier : je t'aime)
    (in Le Cid, Corneille)

    "Dis-moi, ça ne sent pas la rose" (Anonyme) (Laissant implicitement penser que l'odeur est désagréable sans plus de précision)
  •  Neuvain [strophe]
    Définition :
    Un neuvain est une strophe composée de 9 vers.

    Exemple(s) :
    France, jadis on te souloit nommer,
    En tous pays, le trésor de noblesse,
    Car un chacun pouvait en toi trouver
    Bonté, honneur, loyauté, gentillesse,
    Clergie, sens, courtoisie, prouesse ;
    Tous étrangers aimaient te suir,
    Et maintenant vois, dont j'ai déplaisance,
    Qu'il te convient maint grief mal soutenir,
    Très chrétien, franc royaume de France. [...]

    Charles d’Orléans, La complainte de France, in Ballades
  •  Pantoum [forme]
    Définition :
    La pantoum ou pantoun est d'origine malaise, il consistait en un quatrain unique, plutôt destiné à une intervention orale (Utilisant des analogies et un sens objectif dans le premier distique puis subjectif dans le second).

    La forme que nous connaissons aujourd'hui en Europe a été importée par Victor HUGO dans Les Orientales, il s'agissait d'un pantoun étendu (le « pantun berkait ») qui se nommait Papillons (constitué de plusieurs quatrains)

    FORME
    La forme actuelle du pantoum comporte 2 règles principales :
    - Utilisation de rimes croisées avec alternance des rimes féminines et masculines.
    - Reprise des vers 2 et 4 au quatrain suivant en lieu et place des vers 1 et 3

    Règles complémentaires
    - Alternance des distiques descriptif et subjectif
    - Le dernier et le premier vers du pantoum sont identiques (Règle du "clausule")

    Certains poètes ont pris des libertés sur certaines règles, comme Charles Baudelaire dans "Harmonie du soir".

    THEME
    - Les vers 1 et 2, de chaque quatrain, doivent exprimer une description, une idée extérieur au narrateur.
    - Les vers 3 et 4, de chaque quatrain, doivent exprimer une pensée, interne au narrateur.

    Exemple(s) :
    HARMONIE DU SOIR
    Charles BAUDELAIRE

    Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
    Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
    Valse mélancolique et langoureux vertige !

    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
    Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
    Valse mélancolique et langoureux vertige !
    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

    Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
    Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

    Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
    Du passé lumineux recueille tout vestige !
    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
    Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
  •  Registre [registre]
    Définition :
    Sur le plan littéraire, il existe deux grands types de registres :
    - Le registre de langue
    - Le registre littéraire

    Le registre de langue (ou niveau de langue) est la manière dont nous nous exprimons face et en fonction de notre auditoire, de notre lecteur. Il existe 3 grands registres (familier, courant et soutenu). Chaque registre utilise de façons différentes le lexique, la syntaxe et les figures de style...

    Le registre littéraire est l’ensemble des caractéristiques nécessaires à produire des effets particuliers sur l’auditoire ou le lecteur. Il existe 13 principaux registres (comique, didactique, épique, fantastique, humoristique, injonctif, ironique, lyrique, merveilleux, polémique, pathétique, satirique et tragique).
    Quel que soit le genre littéraire d’un texte, il est possible d’utiliser plusieurs registres littéraires.

    Exemple(s) :
    Les registres de langue
    Familier : "Au lieu de lire ce bouquin, il a roupillé." (S’utilise plutôt à l’oral dans le cadre amical ou familial)
    Courant : "Au lieu de lire ce livre, il a dormi." (S’utilise à l’oral comme à l’écrit avec tout le monde)
    Soutenu : "Au lieu de livre cet ouvrage, il a sommeillé." (S’utilise surtout à l’écrit, mais également à l’oral lorsque l’on veut montrer que l’on accorde de l’importance à notre interlocuteur : un supérieur hiérarchique, notre belle famille, etc.)

    Les registres littéraires
    Voir les définitions des 13 principaux registres disponibles dans le dictionnaire.
  •  Rime [rime]
    Définition :
    Une rime est la répétition d'un même son (composé de la dernière voyelle et des phonèmes qui la suivent voire la précèdent) à la fin d'un vers.

    L'utilisation des rimes en poésie "classique" se fait en fonction de différentes caractéristiques :
    - Le genre des rimes (féminines, masculines...)
    - La richesse des rimes (pauvres, riches, suffisantes...)
    - L'organisation des rimes (embrassées, suivies, croisées...)

    Exemple(s) :
    Là, tout n'est qu'ordre et beau,
    Luxe, calme et volup.

    (Charles Baudelaire, in L'invitation au voyage.)
  •  Rimes croisées [rime]
    Définition :
    Appelées aussi parfois rimes alternées, elles suivent la disposition ABAB ; ainsi, le premier vers rime avec le troisième, le deuxième avec le quatrième, dans le cas d’un quatrain.

    Exemple(s) :
    C'est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
    [...]
    Arthur Rimbaud, Le Dormeur du val
  • 2 sur 3