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Dictionnaire / Catégorie : forme
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  •  Acrostiche [forme]
    Définition :
    Un acrostiche est un poème dont les premières lettres de chaque vers du poème forment un nouveau mot, un message particulier...

    Exemple(s) :
    Guillaume se prend de passion pour la sœur de son ami Ferdinand Molina da Silva : LINDA.

    L’ombre de la très douce est évoquée ici
    Indolente et jouant un air dolent aussi :
    Nocturne ou lied mineur qui fait pâmer son âme
    Dans l’ombre où ses longs doigts font mourir une gamme
    Au piano qui geint comme une pauvre femme.

    (Guillaume Apollinaire, in "Il y a", Albert Messein, 1925)
  •  Anacréontique [forme]
    Définition :
    La poésie anacréontique trouve son origine, par sa manière ou son ton, dans l’œuvre d’Anacréon, l’un des plus grands poètes lyriques de la Grèce antique.
    Du point de vue métrique, l’écriture doit se référer à un style léger, l’ode anacréontique, moyen d’expression particulièrement prisé, se caractérisant, en principe, par un nombre restreint de strophes, sans caractère fixe, aux vers simples dont les mètres n’atteignent le décasyllabe.
    Sur le plan thématique, on aborde, comme celui qu’on surnomma « Le chantre de Téos » ou « Le vieillard de Téos » et qui consacra surtout ses vers aux plaisirs doux, badins, décents de l’amour et du banquet, une philosophie où la vie se conjugue en choses faciles, agréables, naïves, tendres, au rendez-vous voluptés légères au caractère éphémère, érotisme maniéré, mythologie gracieuse, le ressenti l’emportant sur le vécu dans l’expression artistique.
    Adeptes de ce genre, dont ils ont cherché à imiter l’insouciante gaieté des poèmes, figurent, la liste loin d’être exhaustive, le Grec Marulle, les Latins Catulle, Horace, Tibulle, Laurent de Médicis et les Français Henri Estienne (Odes d’Anacréon), Rémy Belleau, Clément Marot, Joachim du Bellay, Ronsard, l’abbé de Chaulieu, le chevalier de Parny (Poésies érotiques), Bertin, Gentil-Bernard (Art d’aimer), André Chénier (Bucoliques), Leconte de Lisle (Odes anacréontiques).

    Exemple(s) :
    L’Amour papillon (Ode anacréontique)

    Jupiter, outré de colère
    D’être blessé par Cupidon,
    D’un regard lancé sur Cythère
    Changea son fils en papillon.

    D’abord en ailes azurées
    On vit diminuer ses bras ;
    Ses dards, en des pattes dorées ;
    Il veut se plaindre et ne peut pas.

    L’arc à la main, ce dieu perfide
    Ne vole plus après les cœurs ;
    Mais, toujours le plaisir pour guide,
    Il vole encor de fleurs en fleurs.

    Enfin, touché de sa disgrâce,
    Jupin lui dit : Consolez-vous,
    Amour ; j’excuse votre audace,
    Ne méritez plus mon courroux.

    Il change : ses flèches cruelles
    Reprennent leur premier état ;
    Mais il conserve encor des ailes
    Pour marque de son attentat.

    Depuis, l’Amour, aussi volage
    Que le papillon inconstant,
    En un instant brûle et s’engage,
    Et se dégage en un instant.

    François Joachim de Pierres, cardinal de Bernis (1715-1794).

  •  Audengière [forme]
    Définition :
    De la forme d’une chanson de geste, l’audengière est un poème parodique du XIIIe siècle, en laisses douzaines (nom, au Moyen-Âge, d’une suite de strophes, au nombre non défini, de douze alexandrins monorimes), contant les aventures ridicules d’Audengier ou Audigier, chevalier de l’acabit de Don Quichotte, cette œuvre, au vocabulaire ordurier, qualifiée tantôt d’épopée scatologique tantôt de poème héroï-comique.

    Exemple(s) :
    « Au temps que li frileux Audengier se vivoit,
    fu yver ou esté, tousjours tronchoit de froit
    et entre ses gambes un viés terin portoit,
    Raimbergue le sievoit, de charbon l’emplissoit :
    tant n’en pouoit bou[te]r ne tant n’en alumoit
    qu’il ne l’estaindesist pour qe qu’il lui cheoit
    roupies par son nés ; son menton s’em peloit
    et robes et drapeux trestous en pourrissoit.
    On en veoit le flos par tout ou il passoit.
    A ces arbalestrie[r]s bel exemple moustroit
    de traire aux roupies. Qui de ce ne m’en croit,
    sy le voit demander ou pays ou c’estoit. »

    (Dans « Audigier et la chanson de geste, avec une édition nouvelle du poème » de Omer Jodogne).
  •  Baguenaude [forme]
    Définition :
    La baguenaude, synonyme de niaiserie, est un poème médiéval du non-sens à forme plutôt flottante, les octosyllabes, le plus couramment utilisés, reliés par un système souvent fantaisiste d’assonances et de contre-assonances.

    Exemple(s) :
    « Qui veult trés bien plumer son coq,
    Bouter le fault en un houseau.
    Qui boute sa teste en un saq,
    Il ne voit goûte par le trau
    Sergens prennent gens par le nez
    Et moustarde par les deux bras.
    Plus tost queurt le soleil a piét
    Que ne fait le lievre a cheval.
    Pour quoy fait on tant de harnas
    Quant les gens sont armez d’escaille ? »

    (Histoire du vers français. Tome II, Georges Lote / Chapitre premier. De l’assonance à la Rime).
  •  Bergerette [forme]
    Définition :
    Poème en vogue au XVe siècle, la bergerette, célébrant des thèmes pastoraux liés à l’arrivée du printemps ou au jour de Pâques, s’est développée sous trois formes fixes : la grande bergerette qui comporte cinq strophes qui sont des sizains, la troisième et la dernière étant la répétition de la première jouant le rôle de refrain ; la moyenne bergerette qui est composée de quatrains ; la petite bergerette qui s’apparente au rondeau.

    Exemple(s) :
    1. Ah ! que je me sens guillerette !
    Que je me suis levée à l’aise !
    N’en déplaise
    Aux saints curés du diocèse,
    Une braise
    Brûle ma gorge de fillette.

    Car j’ai rêvé sous l’églantine
    – Fi donc, Colin ! Qu’en contrebande
    Par la lande
    Tu me faisais plus d’une offrande
    Trop gourmande
    Pour ma bouche trop enfantine.

    REFRAIN

    Je le jure, par ma houlette :
    Tu l’auras, ce panier de fraise.
    Viens, apaise
    Cette grand faim, cette fournaise
    Et me baise
    Emni la luzerne douillette !...

    REFRAIN

    (Auteur inconnu)

    2. J’épouserais un œillet blanc
    Si j’étais une pâquerette.
    Or donc que je suis une bergerette,
    Je veux un prince pour amant.

    De Pierrot, le gros chevrier,
    Mon cœur ne veut être captif.
    J’ai l’œil trop pur, le pied trop vif ;
    Je bas à courre un lévrier !

    REFRAIN

    Comment admettre d’un manant
    Qu’il abîme ma collerette ?
    Qui donc me contera fleurette
    Il faut qu’il soit d’un autre sang !

    REFRAIN

    (Auteur inconnu)

    3. Le marquis :
    – [Ce petit mot], si tu le dis,
    S’il fleurit tes lèvres, Laurence,
    Aussitôt tous les champs de France
    Fleuriront comme en paradis.

    La bergère :

    – Vous donnerez or et trésors
    Sans obtenir mon abandon...
    J’en aurais vingt ans de remords,
    Seigneur, à quoi donc rimerait donc
    [Ce petit mot ?]

    Le marquis :
    – Il rime avec les beaux oublis...
    Mais j’aime mieux, dans le silence,
    Lire au fond de ton innocence
    O Bergère, et dans ton souris,
    [Ce petit mot.]

    (Auteur inconnu)


  •  Blason [forme]
    Définition :
    Plutôt genre que forme, le blason, en vogue au XVIe siècle, est un poème généralement court, à rimes plates, les vers octosyllabiques ou, à la rigueur, décasyllabiques.
    Il fait soit l’éloge soit la satire d’un être ou d’un objet, les deux discours antonymiques se traduisant souvent par un blason suivi d’un contre blason symétrique.
    Paul Éluard a adopté ce genre dans « Blason des fleurs et des fruits ».

    Exemple(s) :
    Confrontation entre le « beau tétin » et le « laid tétin » :

    Tétin qui fais honte à la rose,
    Tétin plus beau que nulle chose ;
    Tétin dur, non pas tétin, voire
    Mais petite boule d’ivoire,
    Au milieu duquel est assise
    Une fraise, ou une cerise.

    Tétin au grand vilain bout noir
    Comme celui d’un entonnoir ;
    Tétin qui brimballe à tous coups
    Sans être ébranlé ni secous,
    Bien se peut vanter qui te tâte
    D’avoir mis la main à la pâte !

    Clément Marot
  •  Chanson (de geste) [forme]
    Définition :
    Les "chansons de geste" constituent les premiers poèmes de notre littérature (à partir du XIe siècle). Ici le mot geste est féminin et désigne un ensemble de poèmes épiques.

    Ces poèmes sont écrits le plus souvent en décasyllabes, parfois en octosyllabes. Mais on en trouve déjà en alexandrins.
    Les vers sont regroupés en strophes assonancées, appelées à l'époque des "laisses".
    Le nombre de vers d'une laisse n'est pas fixe, aucune longueur n'est imposée.
    "La Chanson de Roland" présentait 4000 vers.
    Chaque épopée a un point de départ historique, mais l’œuvre poétique est largement postérieure aux évènements : les héros des poèmes ont vécu entre le VIIIe et le Xe siècle ; les chansons de gestes ont été écrites au XIe, XIIe et XIIIe siècles. C'est à cette époque que les chansons de gestes furent chantées de château en château par des musiciens : mi-chantant, mi-déclamant, suscitant l'admiration des seigneurs de l'époque.
    Il faut admettre que seul l'intérêt pour nous de ces chansons de geste est historique. La langue, les mœurs, les coutumes de ces textes nous sont trop étrangers.

    Exemple(s) :
    La Chanson de Roland (fin du XIe -début du XIIe siècle) raconte le retour d'Espagne de l'armée française, l'embuscade tendue à Roland le 15 août 778, son amitié avec Olivier, sa mort glorieuse vengée par Charlemagne.

    Extrait :
    CARLES li reis, nostre emperere magnes,
    Set anz tuz pleins ad estet en Espaigne :
    Tresqu’en la mer cunquist la tere altaigne.
    N’i ad castel ki devant lui remaigne ;
    5Mur ne citet n’i est remés a fraindre,
    Fors Sarraguce, ki est en une muntaigne.
    Li reis Marsilie la tient, ki Deu nen aimet.
    Mahumet sert e Apollin recleimet :
    Nes poet guarder que mals ne l’i ateignet. […]


    Traduction :
    LE roi Charles, notre empereur, le Grand,
    Sept ans tout pleins est resté dans l’Espagne :
    jusqu’à la mer il a conquis la terre hautaine.
    Plus un château qui devant lui résiste,
    plus une muraille à forcer, plus une cité,
    hormis Saragosse, qui est dans une montagne.
    Le roi Marsile la tient, qui n’aime pas Dieu.
    C’est Mahomet qu’il sert, Apollin qu’il prie.
    Il ne peut pas s’en garder : le malheur l’atteindra. […]


  •  Elision [forme]
    Définition :
    L'élision se pratique devant toutes sortes de mots. C'est la suppression d'une voyelle dans la prononciation et parfois dans la graphie. La voyelle supprimée est remplacée dans l'écriture par une apostrophe.

    En prosodie, il y a en principe élision (et donc annulation dans le décompte des syllabes) de tout "E" intérieur de vers en finale absolue de mot quand le suivant commence par une voyelle.

    L'élision est "indispensable" à la fin du premier hémistiche qui ne peut s'arrêter sur un "E" caduc.

    Exemple(s) :
    Dieux ! que ne suis-j(e) assis(e) à l'ombre des forêts !
    (PHÈDRE)
    ________________

    N'ai perdu ni pèr' ni mère
    Ni aucun de mes parents
  •  Pantoum [forme]
    Définition :
    La pantoum ou pantoun est d'origine malaise, il consistait en un quatrain unique, plutôt destiné à une intervention orale (Utilisant des analogies et un sens objectif dans le premier distique puis subjectif dans le second).

    La forme que nous connaissons aujourd'hui en Europe a été importée par Victor HUGO dans Les Orientales, il s'agissait d'un pantoun étendu (le « pantun berkait ») qui se nommait Papillons (constitué de plusieurs quatrains)

    FORME
    La forme actuelle du pantoum comporte 2 règles principales :
    - Utilisation de rimes croisées avec alternance des rimes féminines et masculines.
    - Reprise des vers 2 et 4 au quatrain suivant en lieu et place des vers 1 et 3

    Règles complémentaires
    - Alternance des distiques descriptif et subjectif
    - Le dernier et le premier vers du pantoum sont identiques (Règle du "clausule")

    Certains poètes ont pris des libertés sur certaines règles, comme Charles Baudelaire dans "Harmonie du soir".

    THEME
    - Les vers 1 et 2, de chaque quatrain, doivent exprimer une description, une idée extérieur au narrateur.
    - Les vers 3 et 4, de chaque quatrain, doivent exprimer une pensée, interne au narrateur.

    Exemple(s) :
    HARMONIE DU SOIR
    Charles BAUDELAIRE

    Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
    Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
    Valse mélancolique et langoureux vertige !

    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
    Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
    Valse mélancolique et langoureux vertige !
    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

    Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
    Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

    Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
    Du passé lumineux recueille tout vestige !
    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
    Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
  •  Sextine [forme]
    Définition :
    La sextine est une forme fixe de poésie composée de six sizains. Les six mots rimés du premier sizain sont répétés dans chaque strophe mais selon un ordre déterminé. Elle se termine par un demi sizain reprenant les six mots rimés (C’est la tornada).

    Le glissement des rimes dans chaque strophe se fait selon l’organisation suivante :
    1 2 3 4 5 6
    6 1 5 2 4 3
    3 6 4 1 2 5
    5 3 2 6 1 4
    4 5 1 3 6 2
    2 4 6 5 3 1

    Exemple(s) :
    LA CLAIRIÈRE

    Non loin encor de l’heure où rougit la nuit sombre,
    En la saison des nids et des secondes fleurs,
    J’entrai dans un bosquet, non pour y chercher l’ombre,
    Mais parce qu’on voyait, sous les feuilles sans nombre,
    Palpiter des rayons et d’étranges couleurs,
    Et l’aurore au soleil y disputer ses pleurs.

    Mon sang, dans le trajet, teignit de quelques pleurs
    Les aiguillons du houx et la barrière sombre
    Que l’épine et la ronce aux vineuses couleurs
    Avaient lacée autour de l’asile des fleurs.
    Dans la clairière enfin quel m’apparut leur nombre,
    Alors que du fourré j’atteignis la pénombre !

    Harmonieux réseau de lumières et d’ombre !
    Là tous les diamants de la rosée en pleurs,
    Les perles à foison, les opales sans nombre,
    Dans la neige et dans l’or ou le rubis plus sombre,
    Frémissaient, et, filtrant de la coupe des fleurs,
    Allaient du doux feuillage argenter les couleurs.

    C’est alors qu’une Fée aux charmantes couleurs,
    Sortant comme du tronc d’un grand chêne sans ombre
    Qui défendait du nord le royaume des fleurs,
    Apparut à mes yeux encor vierges de pleurs.
    Elle me dit : « Ainsi tu fuis la route sombre,
    Et de mes ouvriers tu veux grossir le nombre.

    « Contemple mes trésors, et choisis dans le nombre ;
    Avec art, à loisir, assemble leurs couleurs ;
    Compose ta guirlande, et, si le vent plus sombre
    En bannit le soleil et les sèche dans l’ombre,
    Répands-y de ton âme et la flamme et les pleurs :
    Des rayons immortels jailliront de ces fleurs. »

    Je vous cueillis alors, chères et chastes fleurs,
    Et je n’ai plus tenté d’accroître votre nombre.
    Celle-là n’a voulu que mon sang et mes pleurs,
    À qui je destinais vos royales couleurs ;
    Et je suis revenu, pour vous sauver de l’ombre,
    Vers la Fée elle-même, avec le cœur bien sombre.

    Plus sombre en est le deuil qui s’entoure de fleurs ;
    L’ombre pour nous calmer a des oublis sans nombre,
    Mais aux couleurs du jour se ravivent les pleurs.

    Ferdinand de Gramond
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