Vaincre l’oubli.
A peine aperçu, le présent s’éloigne hélas.
Nous ne sommes déjà plus dans ce monde éphémère,
Portés par un vaisseau, entouré de chimères.
Ce qui était familier devient souvenirs,
Les amours, les êtres aimés, ne sont que soupirs.
Demain apportera, peut-être, d’autres espérances,
Alors s’effaceront les journées de souffrances
Où, à regret, nous ne pouvons rien retenir.
Les joies surtout, mais aussi, quelquefois, les rires.
Les jours d’été radieux au bord d’une rivière,
Nous pêchions et, pour un poisson, nous étions fiers.
Un dimanche où, au pied d’un arbre, nous méditions,
Regardant tous les nuages avec attention.
Les journées d’automne et les feuilles tombées,
Annonçant, sans délai, le jour de la rentrée.
Les couleurs se succèdent, celles du bleu de la mer
Avec, à l’horizon, l’arrondi de la terre.
Derrière une montagne, le soleil se couchant.
Toutes les teintes orangées et les rouges flamboyants.
Et les étoiles, dans le ciel, un soir de printemps.
Qu’est devenue l’étoile du matin à présent ?
Sans doute toutes ces choses existent-elles encor,
Pour les apercevoir, devons-nous faire l’effort.
Pour nous, rien n’est fixé dans le monde aujourd’hui,
Pourrons-nous reconstruire ce qui déjà à fui ?