Une journée de pêche.
La petite maison si bien soignée est fermée.
La Marne, indifférente aux jours, coule à ses pieds.
Une petite voiture, sans permis, est devant.
Un pêcheur paisible est assis sur un pliant
Et la rivière indifférente devant l’homme passe,
Offrant, reflets d’argent de la mer des Sargasses.
Et le pêcheur rêve qu’il est loin, dans une île,
Oubliant ses soucis, coulant des jours tranquilles,
Il n’y a plus ni canne à pêche ni poisson,
Mais une plage et le soleil à l’horizon.
Une femme lui sourit et lui tend la main,
Demandant de la suivre et montrant le chemin,
Et le bruit des vagues expirant sur le sable
Lui amène une douceur insoupçonnable.
La tête penchée maintenant sur son pliant,
Son voyage onirique l’endort profondément.
Le temps s’est arrêté, la Marne coule toujours
Et l’air est plus frais et bientôt tombe le jour.
Soudain le pêcheur ayant froid se ressaisit
Secoue sa tête, surpris et tout étourdi
Se lève, plie ses cannes, range son petit banc pliant,
Remonte dans sa voiture et se dit en partant,
C’est une belle journée que j’ai passé là,
C’est un lieu étrange et qui sent le mimosa.