Marche à l'étoile
(La maison d’Alexandra David-Néel à Dignes).
« Marche à l’étoile » inscrit comme une devise;
Carte postale et photo de la voyageuse,
Fragment d’un souvenir que l’on peut emporter,
Emotion et petit morceau de sa pensée.
Un charme début de siècle, maison toute blanche,
Que j’ai visité, je m’en souviens, un dimanche.
Ici, la rencontre la plus extraordinaire,
Fut d’être guidé par sa dernière secrétaire.
Confusion des repaires, choc de l’espace et du temps,
Quelque chose d’aboli l’espace d’un instant.
Le sentiment étrange d’être un contemporain
De cette femme d’exception, de cet écrivain.
Après le vestibule, une salle à manger,
Puis des vitrines avec les objets ramenés.
Une modeste pièce de méditation,
Au premier, une chambre et un petit salon.
Le fauteuil d’osier devant la table aussi
Est là, témoin des derniers instants de sa vie.
Que dire, que penser devant tous ces témoignages,
De quelqu’un qui n’exista que dans les voyages.
Qu’une évocation devant des objets sans vie,
Témoignages d’aventures mais tombés dans l’oubli.
Mais quelque chose d’étrange saisit le visiteur
Un frisson, une force en soi, une lueur.
Le sentiment d’être en relation, un instant,
Avec ce personnage si lointain mais présent.
Est-ce l’influence de ce lieu si spirituel,
Toutes les images ici nous influencent-elles.
Et l’on ressort de ce petit musée songeur
Avec le sentiment de comprendre le bonheur.
Celui d’être soi et d’espérer acquérir
Un peu de sagesse, c’est à nous de choisir.
Puis dans la voiture, sur le chemin du retour
Franchissant les montagnes, arrive la fin du jour,
Et nous pensons à cette journée originale
En regardant le ciel et la carte postale.