Sève
D’où vient-il qu’au printemps, l’âpre désir nous ronge ?
La nature est torture ! Et son sacre un levier ;
J’en viendrais, minéral, ton grand calme envier !
Quand j’erre à cet abysse où l’amour est un songe,
Quand l’enfer du plaisir est solitaire et plat,
Si l’ivresse promise est plus morne qu’une huître,
Pourquoi cet aiguillon, puissant comme une épître ?
Si le diable est un flan, que nous sert qu’il sifflât ?
A la fête enterrée où dansait ma folie
Je n’ai – parcimonie – étanché nulle soif !
J’avais du chien la langue humide, un fol œil - Ouaf !
Mais, jeune, impur, je péchais d’une âme jolie.
Délicieuse Aphrodite, ô ! Licence et déduit…
Grande fureur sacrée à mes reins allumée,
Chaque année un peu plus, en amère fumée,
Se disperse ce Graal, hélas, qui toujours fuit !
L’attente use le cœur ; les aspirations tuent ;
A trop sentir l’on souffre, et mal aimé, l’on meurt !
Tout les feux de ce ciel pour un flirt où l’on mord !
A ronger leurs patients, les passions s’évertuent…
C’est l’instinct qui perdure, et qui tout détruira,
La force qui m’agit, et m’habite, et me brûle,
Le démon qui se moque qu’on fut ridicule,
Pourvu qu’il soit garant qu’à nouveau, tout ira !